6è édition du FIAB 2019 : Vers la création de la Fédération Internationale Afrique et Beauté (Déclaration d'Essaouira)

6è édition du FIAB 2019 : Vers la création de la Fédération Internationale Afrique et Beauté (Déclaration d'Essaouira)

Rédigé le 27/04/2019
MAP


Essaouira - Les participants à la 6è édition du Forum International Afrique et Beauté (FIAB-2019), qui a clos ses travaux vendredi à Essaouira, ont exprimé leur soutien à la création de la Fédération Internationale Afrique et Beauté qui oeuvrera à la mise en réseau des différents acteurs concernant les divers métiers de beauté.

Dans un document final baptisé '’Déclaration d’Essaouira’’, les participants à ce forum, placé sous le thème ‘’beauté et innovation : vers une économie responsable en Afrique’’, ont fait part de leur détermination à appuyer la mise en place d’un système de formation et de transmission des connaissances, incluant l’évolution vers l’entrepreneuriat et l’emploi des jeunes.

Ils ont souligné également l’importance de favoriser l’émergence de systèmes autonomes locaux et participatifs pour la certification de qualité biologique et/ou équitable, d’un coût accessible et adapté aux conditions spécifiques du Continent Africain.

Ils se sont dits en faveur de l’encouragement du développement du packaging éco-responsable, issu de matières premières locales, respectant l’homme et l’environnement, tout en insistant sur la nécessité de promouvoir le développement des métiers de beauté (cosmétique, mode et maroquinerie, tourisme durable…) valorisant les traditions et la biodiversité végétale africaine et visant le marché local et celui international.

Sur la question du partage des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques africaines, ils ont estimé important de privilégier les avantages non monétaires, car plus efficaces, plus durables, plus proches des préoccupations des communautés locales et plus générateurs d’échange et de relations humaines que les avantages uniquement monétaires.

Les panélistes ont insisté aussi sur l’impératif d’attirer l’attention des différents gouvernements des pays de l’Afrique sur la nécessité d’appuyer la mise en œuvre du protocole de Nagoya, en y associant toutes les parties prenantes : les communautés locales, les coopératives et associations de producteurs récolteurs, les universités et instituts de recherche nationaux, les laboratoires de transformation et valorisation cosmétique, les responsables des ministères concernés.

Et de conclure que l’objectif est de permettre une réelle adéquation entre les textes législatifs et les attentes et besoins de chacune des parties.

A rappeler que le protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation à la Convention sur la diversité biologique, est un accord international sur la biodiversité.

Il a été adopté par la dixième réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique des Nations unies, le 29 octobre 2010 à Nagoya, au Japon, et est entré en vigueur le 12 octobre 2014.

Organisée conjointement par l’Association marocaine "Ibn Al Baytar" et l’association burkinabè "Nature et culture" (ANCB) et placée sous l'égide du Secrétariat d'Etat chargé du développement durable, cette conférence s’est tenue à Essaouira après 4 éditions organisées au Burkina Faso, et une cinquième délocalisée en 2017 à Lomé au Togo.

Le choix du Maroc pour abriter cette nouvelle édition s’explique par les traditions séculaires du Royaume, celles liées à la beauté et aux plantes qu’elles soient médicinales, aromatiques ou cosmétiques, ont expliqué les organisateurs.

Ayant réuni quelque 65 participants du Maroc et de l’étranger, issus de différents horizons, le Forum d’Essaouira a abordé des aspects classiques ou plus innovants, entre autres '’la mise en place de filières durables de plantes à visée cosmétique en Afrique", "les résultats des recherches sur les plantes africaines par de grands noms de la cosmétique", "l’apport du tourisme durable pour les métiers de la beauté", et ‘"le développement de réseaux pour la professionnalisation des acteurs locaux et le développement de l’entreprenariat cosmétique en Afrique".

Au menu de ce Forum, figurait également une journée dédiée à la rencontre des femmes des coopératives de l’huile d’Argan, filière majeure de la cosmétique au Maroc, en vue de tirer les leçons de cette réussite "100% marocaine", mais aussi à la plantation d’arganiers.

Les participants à ce Forum ont été également au rendez-vous avec une série d’ateliers thématiques traitant de sujets en rapport avec ‘’le protocole de Nagoya : concilier les intérêts locaux et ceux des utilisateurs finaux’’, "systèmes participatifs de garantie : une alternative pour les certifications biologique et équitable", "Packaging : Vers une filière éco-responsable en Afrique" et "Qualité et sécurité des cosmétiques".