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Le retour du Maroc au sein de l'UA: un nouveau départ pour une Afrique en mutation

Rédigé le 24/01/2018
MAP - Abdelghani AOUIFIA


Johannesburg - La réintégration historique du Maroc à l’Union africaine (UA), scellée lors du 28ème sommet de l’organisation tenu à Addis-Abeba en janvier 2017, marque un nouveau départ pour une Afrique en pleine mutation qui requiert la mobilisation de toutes les forces bienfaitrices dans le continent.


Ce retour, qui a recueilli un soutien franc et massif de la part de la vaste majorité des pays africains, marque indéniablement une victoire de taille pour une diplomatie Royale, qui a réussi, grâce à son réalisme et son engagement sincère en faveur du développement de l’Afrique, à faire échouer les tentatives sans lendemain d’entraver le retour triomphal du Royaume parmi sa famille institutionnelle africaine.


De l’avis des officiels et des analystes africains et internationaux présents lors du 28è sommet de l’UA, ce retour n’est que justice rendue à un pays qui n’a jamais rompu ses relations profondément ancrées dans l’histoire avec l’Afrique, son prolongement et son enracinement naturel.


Conscient de l’importance de recouvrer le siège qui lui revient au sein de l’UA partant de son souci constant d’apporter sa contribution tant souhaitée par ses frères africains, le Maroc a lancé depuis le 27ème sommet de l’UA, tenu en juillet 2016 à Kigali (Rwanda), une offensive diplomatique ayant balisé le chemin au retour sans ambages du Royaume au sein de l’organisation continentale.


De l’avis des analystes, ce retour, synonyme d’espoir d’une Afrique unie, est le fruit d’une politique étrangère marocaine novatrice, construite avec patience et sagesse depuis l’accession de Sa Majesté le Roi Mohammed VI au Trône de Ses glorieux ancêtres.


Dans le cadre de cette politique, l’Afrique a occupé une place de choix, en témoignent les multiples périples effectués par le Souverain dans de nombreux pays du continent : de la Côte d’Ivoire en Zambie, en passant par la Guinée, l’Ethiopie, le Nigeria, le Rwanda, la Tanzanie, Madagascar ou encore le Sud-Soudan.


Cette action diplomatique d’envergure voulue et construite par le Souverain a été porteuse d’espoir renouvelé d’un avenir plus prospère pour les peuples africains.


Les chiffres sont là pour illustrer l’impact de la nouvelle politique africaine du Royaume. Depuis l’an 2000, près d’un millier d’accords et de conventions de coopération ont été signés par le Maroc avec ses partenaires africains.


Ces accords portent sur des projets, qui se distinguent par leur forte valeur ajoutée et leur impact direct sur la vie quotidienne des populations, une stratégie qui a valu au Maroc le respect et l’admiration de ses frères partout dans le continent.


Le suivi que Sa Majesté le Roi a bien voulu assurer à ces projets force aussi l’admiration. Des délégations de haut niveau ont été dépêchées sur très hautes instructions Royales dans les pays avec lesquels ces accords et conventions sont conclus pour une évaluation continue des progrès réalisés sur la voie de la mise en œuvre des projets.


Il s’agit d’une stratégie qui illustre la crédibilité dont jouit le Royaume dans le continent et qui montre l’impact vertueux de la démarche Royale.


Au niveau du cadre institutionnel représenté l’UA, l’impact du Maroc, qui a commencé à se déployer immédiatement après l’officialisation du retour historique du Royaume au sein de l’Union, se renforcera inévitablement d’une manière qui traduit le poids d’un pays désormais aux devants des efforts de développement dans le continent.


Il s’agit-là d’une constatation partagée par les centres de recherche. 
Le retour du Royaume au sein de l’UA est un facteur déterminant qui devra ouvrir des perspectives prometteuses aussi bien pour le Maroc que pour l’ensemble du continent africain, indique, dans ce contexte, l’Institut des études sécuritaires (ISS), l’un des plus influents think-tanks en Afrique du Sud et dans le continent.


Dans un rapport, publié récemment sur l’impact de ce retour, l’ISS, basé à Pretoria, estime que le Maroc "est bien positionné pour rejoindre le groupe des principaux acteurs au sein de l’UA".
Comme le souligne le think-tank, le retour du Maroc au sein de l’UA, conjugué à sa forte présence économique, culturelle et cultuelle dans de nombreuses contrées africaines, devra renforcer l’impact positif du Royaume parmi ses partenaires du continent.


Selon le think-tank dont les analyses sont très prisées par les décideurs politiques et économiques du continent et d’ailleurs, cette projection continentale du Maroc est fondée sur un socle économique solide, résultat d’une croissance économique forte et dynamique qui s’est située à 4,8 pc en 2017 à titre d’exemple.


Dès 2016, le Maroc s’est imposé comme le plus important investisseur africain en Afrique en termes de capital-investissement, indique la même source, ajoutant que le Royaume se classe globalement comme le troisième plus grand investisseur en Afrique après la Chine et les Emirats Arabes Unis.


Outre le domaine économique, le Maroc a un important rôle à jouer dans tant d’autres secteurs stratégiques pour cette Afrique nouvelle.


Les experts citent en particulier les opérations de maintien de la paix. Dans ce volet précis l’apport du Royaume est très attendu à la faveur du Soft Power reconnu au Maroc partout en Afrique depuis l’indépendance en 1956.


Les experts du think-tank sud-africain de l’ISS s’attendent aussi à un rôle prépondérant du Maroc dans le domaine du développement politique du continent.


Ils appellent de leurs vœux une entrée du Royaume notamment dans le très stratégique conseil de paix et de sécurité de l’UA, une instance dont le rôle ne manquera de se renforcer avec l’apport du Maroc, un pays qui a franchi d’importants pas sur la voie de la démocratisation et du renforcement de l’Etat de droit.


Le retour du Royaume au sein de l’UA marque ainsi le début d’une nouvelle ère pour un Maroc et une Afrique unis dans leur marche vers un avenir où le continent sera en mesure de concrétiser le rêve de plusieurs générations d’Africaines : celui de faire de l’Afrique un acteur agissant sur la scène internationale et non pas une simple cible de pays et de compagnies en quête d’opportunités éphémères.