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La lutte contre les médicaments contrefaits en Afrique passe par l'harmonisation des politiques nationales (Responsable africaine)

Rédigé le 24/02/2018
MAP


Skhirat - La lutte contre les médicaments contrefaits en Afrique passe par l'harmonisation des politiques nationales, a affirmé vendredi à Skhirat, l'Officier-santé publique du nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), Nancy Biyeah Yang. La consolidation de l'arsenal juridique, notamment, l'actualisation des lois en vigueur est une nécessité absolue pour être à l'abri de la contrefaçon, a souligné Mme Biyeah Yang à l'ouverture des 2-ème Assises nationales du médicament et des produits de santé, organisées par le ministère de la Santé, sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI. Elle a, ainsi, mis en avant le rôle de la coopération Sud-Sud en matière de santé pour le développement de politiques nationales efficaces, appelant au partage des expériences, de l'expertise et des bonnes pratiques entre les pays africains. La lutte contre ce fléau constitue un vrai challenge pour les pays africains qui demeurent les plus touchés par ses conséquences, en accusant jusqu'à 60 pc de contrefaçon au niveau des marchés pharmaceutiques de certains pays, a-t-elle insisté. Elle a, également, dévoilé le nouveau programme de l'agence NEPAD et l'Union Africaine (UA) visant l'unification des lois en matière de la santé à l'échelle africaine et l'harmonisation des lois africaines avec les normes internationales, ajoutant que l'UA et le NEPAD ambitionnent de créer un système africain pour le contrôle des médicaments dans le continent. De son côté, le délégué général du programme pour l'accès à des médicaments et à une santé de qualité à la Fondation Jacques Chirac, Marc Gentilini a plaidé pour la mobilisation des responsables politiques pour le renforcement des moyens de lutte contre les médicaments contrefaits en Afrique. Le trafic des médicaments falsifiés constitue un double crime, d'une part contre la santé et d'autre part contre la société, car il frappe, non seulement les malades, mais aussi les plus pauvres qui n'ont pas accès aux médicaments de qualité, a-t-il martelé, ajoutant que l'Afrique demeure le continent le plus frappé par ce trafic. Ce commerce illégal a des conséquences dramatiques sur les malades, le système de santé et aussi l'économie des pays, a-t-il précisé, louant les efforts déployés par le Maroc en la matière en faveur du continent africain. Pour sa part, le ministre délégué chargé de la santé au Conseil de coopération des États arabes du Golfe, Mouhssine Doussari a relevé que ce problème universel exige une synergie des efforts, une volonté politique et un engagement de toutes les composantes de la société. Après avoir passé en revue l'expérience des pays du Golf en matière de lutte contre les médicaments contrefaits et les mesures prises, il a salué l'action du Maroc en faveur de l'accès juste et équitable aux médicaments et produits de santé sûrs et de qualité. La séance inaugurale a été marquée par la signature de quatre protocoles d'accord bilatéraux dans le domaine de la santé entre le Maroc, d'une part, et le Bénin, le Cap vert, le Burkina-Faso et la République centrafricaine, d'autre part. De même, une résolution baptisée "Résolution de Rabat sur la lutte contre les médicaments falsifiés en Afrique" a été signée par le Maroc et plusieurs pays africains. Cette Résolution vise à renforcer les efforts en matière de lutte contre les médicaments et les produits de santé falsifiés à l’échelle du continent africain et à prôner les engagements qui seront pris dans ce domaine. Placée sous le thème "La lutte contre les médicaments falsifiés en Afrique", cette conférence d'envergure continentale et internationale, qui fait suite aux Hautes Instructions Royales en matière de coopération sud-sud, vise à inciter les pays africains à se doter des instruments juridiques nécessaires et à pénaliser la contrefaçon des médicaments et des produits de santé, à identifier les défis auxquels sont confrontés les pays africains en ce qui concerne la lutte contre la contrefaçon des médicaments et produits de santé et à proposer des solutions pour relever ces défis. Cet éventement s’assigne, aussi, pour objectifs de fournir aux autorités nationales de réglementation pharmaceutique des pays participants les informations récentes quant aux dernières initiatives en matière de réglementation des médicaments et produits de santé, d’encourager la création de normes communes et harmonisées pour les fonctions et les pratiques de la réglementation des médicaments et produits de santé et d’émettre des recommandations mettant en exergue les mesures nécessaires à la mobilisation de tous pour faire face au défi de lutte contre les médicaments et produits de santé contrefaits et falsifiés. Cette rencontre constitue également l'occasion de mettre l'accent sur l’expérience marocaine dans la maîtrise du circuit de distribution pharmaceutique et sur l’importance pour les États africains de disposer d’une législation moderne, complète et adaptée pour lutter efficacement contre les faux médicaments. Prennent part à cet événement de deux jours, plusieurs ministres africains de la santé, de hauts responsables de l’Union africaine (UA), de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), d’instances internationales opérant dans le domaine de la contrefaçon, de représentants de différentes autorités réglementaires du médicament et de l’industrie pharmaceutique et de la société civile. A noter que près de 16 pays africains participent à ces Assises, à savoir le Bénin, Burkina-Faso, Cameroun, Cap Vert, Côte d’Ivoire, Gabon, Gambie, Guinée Bissau, Mali, Niger, République Centrafricaine, RD Congo, Rwanda, Sénégal, Tanzanie et Tchad.