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Des experts et des chercheurs marocains et africains en conclave à Oujda pour échanger sur la diplomatie culturelle et le pari de l'unité africaine

Rédigé le 05/04/2018
MAP


Oujda - '’La diplomatie culturelle et le défi de l’unité africaine'' est le thème retenu par l’Université Mohammed Premier (UMP) à la conférence internationale qui se tient, les 4 et 5 avril à Oujda, sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI.

D’éminentes personnalités représentant différents organismes internationaux et corps diplomatiques, ainsi que des chercheurs et professeurs de plusieurs pays prennent part à cette manifestation pour débattre du rôle de la diplomatie dans le renforcement de la paix et du rapprochement entre les peuples et les civilisations, l’enrichissement de la culture du dialogue et de coexistence et dans la consécration des valeurs humaines qui prônent la tolérance et la paix pour relever le grand défi de la promotion de l’unité africaine.

Ouvrant les travaux de cette rencontre, le président de l’UMP d’Oujda, Mohamed Benkaddour, a souligné que le Maroc constitue un modèle de ‘’puissance douce’’ en Afrique, notant que ce modèle est fondé sur la réalisation des intérêts communs, le renforcement de la diplomatie culturelle et la promotion de l’héritage civilisationnel national et des spécificités de l’identité marocaine basée sur la modération, l’ouverture, la tolérance et la solidarité avec les peuples.

Il a, dans ce sens, mis en exergue l’engagement de l’UMP dans cette vision stratégique du Maroc vis-à-vis de l’Afrique, et ce à travers la contribution effective et efficiente à l’organisation et à l’encadrement de plusieurs manifestations culturelles et scientifiques et à l’accueil de nombreux étudiants provenant de pays africains frères, et ce pour consolider les relations entre le Maroc et les autres pays du continent et jeter les ponts d’une coopération culturelle solide.

L’université Mohammed Premier s’engage aussi à mettre ses compétences et ses potentialités dans les différents domaines de la recherche et de la science au service du développement inclusif dans le cadre de la coopération entre les universités africaines, a-t-il ajouté.

Il a par ailleurs fait savoir que cette conférence, qui coïncide avec le choix de la ville d’Oujda capitale de la Culture arabe, reflète la présence importante et active de l’Université dans les différentes manifestations et étapes marquantes, précisant que pour célébrer cet événement historique, l’UMP a élaboré un programme culturel aussi bien riche que varié visant notamment à promouvoir la scène culturelle aux niveaux local, national et international.

De son côté, le Wali de la région de l’Oriental et gouverneur de la préfecture d’Oujda-Angad, Mouad El Jamai, a mis l’accent sur les relations du Maroc avec l’Afrique et la place qu’elles occupent dans le cadre de la nouvelle politique étrangère prônée par le Royaume sous la conduite sage de SM le Roi Mohammed VI qui accorde une importance primordiale au développement des relations du Maroc avec ses confrères africains.

Et d’ajouter que le Royaume, à la faveur de sa position géostratégique comme trait d’union entre l’Europe et l’Afrique et carrefour des marchés internationaux, son influence et la place de choix qu’il occupe sur la scène internationale grâce au leadership visionnaire de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, est devenu une destination privilégiée pour de nombreux pays africains, conscients que le développement de leurs intérêts est intrinsèquement lié à une coopération intense avec le Maroc.

Dans cette même veine, le Wali a fait remarquer que, grâce à ce choix, les relations maroco-africaines dans les domaines économique et commercial se sont renforcées de manière considérable durant ces dernières années et sont devenues ainsi un exemple à suivre dans la coopération Sud-Sud, rappelant, par la même occasion, que l’année dernière a connu le retour triomphal du Maroc au sein de l’Union africaine.

Il a par ailleurs estimé que la culture est devenue un vecteur important pour l'unification des nations et des peuples à travers diverses formes et expressions, et qu'elle doit être investie dans la diplomatie culturelle qui ne cesse de se développer ces dernières années.

Pour sa part, le président du Conseil de la région de l’Oriental, Abdenbi Bioui, a relevé que la coopération multiforme avec le continent africain constitue pour le Maroc un choix stratégique visant à renforcer et à développer les relations avec les pays africains dans un cadre global et intégré et un partenariat Sud-Sud.

Ce choix, a-t-il dit, vise, outre la préservation des liens séculaires et enracinés avec les pays de l'Afrique, la promotion du développement du continent dans le cadre d’une approche participative, mettant en avant l’apport de la culture au service des intérêts suprêmes et des causes nationales et à la réalisation de l’unité africaine, et ce en harmonie avec la dynamique que vit le continent.

M. Bioui a par ailleurs rappelé les nombreuses conventions de partenariats signées par le Conseil de la région de l’Oriental avec des régions africaines dans le cadre de la coopération internationale décentralisée, affirmant que le conseil est animé d’une ferme volonté de conforter son ouverture sur les pays africains.

Le Secrétaire général de la Fondation Mohammed VI des Oulémas africains, Mohamed Rifki, a souligné, quant à lui, l’impérieuse nécessité de corriger les visions stéréotypes sur l’Afrique, sa culture et ses spécificités, mettant en avant la mémoire collective du continent, son legs civilisationnel et son apport avéré à la civilisation humaine.

Il a passé en revue un certain nombre de défis actuels concernant la recherche scientifique et culturelle africaine, déplorant un manque remarquable à cet égard, particulièrement au niveau universitaire.

M. Rifki a conclu en soulignant que " la volonté, la fédération des efforts et la coopération positive dans la préservation du patrimoine culturel africain sont devenues un devoir civilisationnel qui requiert la participation et la contribution de tous pour préserver et entretenir les cultures africaines en tant que capitale symbolique des générations futures".

Pour les organisateurs, ce colloque se veut une occasion inouïe qui permettra à des experts et à des chercheurs marocains et africains de présenter leurs points de vue et de confronter leurs idées en vue d’approfondir le débat sur les enjeux et les défis de la diplomatie culturelle du Maroc dans ses rapports avec l’Afrique.

La diplomatie culturelle est de nature à contribuer à rendre le Maroc plus séduisant et attractif et de permettre aux différentes contrées africaines de se connaître et de vivre dans une diversité culturelle fructueuse loin des conflits, estiment-ils. ’’La diplomatie culturelle marocaine: sa genèse, son évolution, ses particularités, ses objectifs, ses institutions, ses défis, ses modes de diffusion et d’utilisation’’, ’’Le Maroc et l’Afrique: outils de la coopération scientifique dans le domaine de l’histoire, la civilisation et les langues anciennes ou antiques’’, ‘’La gestion commune de la culture africaine : le patrimoine spirituel (soufi) et les modes d’expression des cultures traditionnels’’, sont les principaux thématiques à débattre lors de cette rencontre scientifique.

Des exposés axés sur ‘’La culture commune et partagée, l’interculturel, l’appropriation de la culture de l’autre comme moyens de consolider l’unité africaine’’, ’’L’art au service de la diplomatie culturelle’’ et ‘’les TIC et leur rôle dans le développement de la diplomatie culturelle’’, figurent aussi au menu de ce colloque.