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Casablanca: Le Mpay Forum explore les pistes de généralisation du m-paiement au Maroc et en Afrique

Rédigé le 04/05/2018
MAP


Casablanca - La généralisation du paiement mobile (m-paiement) au Maroc et en Afrique a été au centre des discussions de la 2-ème édition du Mpay Forum Africa, tenue jeudi à Casablanca, sous le thème "digitalisation des moyens de paiement, quelle stratégie adoptée ?".

Le forum, organisé dans le cadre du Digital African Tour 2018, a offert aux acteurs concernés un cadre propice pour réfléchir sur les voies de généralisation du m-paiement au Maroc et en Afrique, au vu de l'explosion des nouvelles technologies dans ce secteur et leur impact social et sociétal sur la population.

La 2-ème édition du Mpay Forum, tenue en partenariat avec la Fédération des technologies de l'information, des télécommunications et de l'offshoring (APEBI), a tenté de répondre à une série de problématiques liées notamment à l’identification des nouveaux acteurs, l’impact de la transformation de l’environnement des paiements du à l’inclusion financière, et champs d’application notamment avec les innovations apportées par les Fintech.

En dépit des avancées constatées sur la digitalisation des opérations au Maroc (12,7 millions de cartes de paiement, et un taux de pénétration du mobile de 130%, etc.), la majorité des transactions "sont réalisées en espèce et les paiements par chèques, cartes, virements ou prélèvements bancaires restent à des niveaux faibles, avec 4 à 5 transactions annuelles par habitant", a fait observer la présidente de l’APEBI, Saloua Karkri-Belkeziz.

"Aujourd’hui, 80% des transactions se font cash au Maroc, ce qui coûte cher à l’Etat et aux particuliers, et participe à alimenter le secteur informel", a-t-elle relevé, faisant part de sa confiance dans la réussite du m-paiement qui "bouleversera dans un très proche avenir, le paysage de règlement au Maroc".

Mme Karkri-Belkeziz a, par ailleurs, mis l’accent sur l’engouement du continent africain pour le m-paiement, avançant que l’Afrique a multiplié par 300 sa capacité internet, et devenue désormais câblée sur ses côtes Est et Ouest à tous les autres continents.

De son côté, le président du comité d’organisation du Digital African Tour, Mohamadou Diallo, a fait remarquer que "les entreprises -petites comme grandes-, les consommateurs et l’administration voient arriver cette révolution à une grande vitesse".

Pour y faire face, a poursuivi M. Diallo, ces opérateurs "doivent s’y préparer rapidement en adoptant une stratégie et des mécanismes pour éviter de subir les conséquences". "Ne pas agir pourrait impacter négativement leur business", a-t-il prévenu.

Le ministre sénégalais chargé du budget, Birima Mangara, a pour sa part, noté que l’économie numérique, domaine transversal, est au cœur de la croissance et de la productivité des nations et des entreprises et joue le rôle d’un moteur de développement avec une forte contribution au PIB.

"Les progrès scientifiques ont conduit à l’émergence d’une technologie moins chère, plus puissante et largement standardisée, qui n’épargne aucun secteur économique, ni sphère des entreprises, ni processus (production, vente, distribution et commercialisation)", a-t-il dit, estimant que "la modernisation des services au niveau de l’Etat nécessite des actions phares pour disposer des équipements adéquats, des ressources humaines qualifiées et compétentes maitrisant les technologies nouvelles".

Lancé il y a deux ans, le Digital African Tour est un concept qui vise à fédérer tous les IT Forums organisés sur le continent africain pour mobiliser l’ensemble de l’écosystème du numérique afin d’apporter de la valeur aux enjeux de la transformation numérique en Afrique.

Constituée de huit étapes dans les villes africaines Dakar, Cotonou, Lomé, Casablanca, Ouagadougou, Bamako, Abidjan - Yamoussoukro et Accra, cette tournée continentale a pour objectif d’échanger sur les enjeux du secteur du digital et mettre en avant les initiatives locales afin de faire émerger les meilleures pratiques pour un développement efficient et inclusif du secteur.