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Les participants à une conférence internationale appellent à davantage de respect des conditions de protection des civils et au renforcement du cadre juridique en la matière

Rédigé le 20/06/2018
MAP


Rabat - Les participants à la 2ème conférence annuelle sur la paix et la sécurité en Afrique ont appelé, mardi à Rabat, au renforcement de la protection des civils dans le cadre des opérations de maintien de la paix, notamment par le biais de la réadaptation des règles internationales en la matière.

Les intervenants à cette conférence, placée sous le thème "les opérations de maintien de la paix en Afrique: réalités et défis", ont mis en avant l'impératif de concevoir un nouveau système de protection des civils dans les zones de guerre selon de nouvelles approches opérationnelles visant un déploiement efficace des militaires sur la base d’"une planification de la mission et du champ d’intervention d’activités sur le terrain".

Les panélistes ont souligné la nécessité de concilier entre les prérogatives souveraines des Etats là où les forces des Nations unies sont déployées et le champ d’application des mandats des opérations de maintien de la paix dans les zones de conflits, en vue de faire de la protection des civils un élément central dans les missions de maintien de la paix.

Ils ont, également, insisté sur l’obligation de s’entretenir avec les populations se trouvant dans les zones de conflits et de comprendre leurs préoccupations en matière de protection, relevant que malgré les progrès réalisés en droit pénal international et dans les résolutions de l’ONU et l’évolution de la protection des populations contre les crimes de guerre, le génocide et les problèmes liés à la mise en œuvre persistent encore et entravent la sanction des auteurs des atrocités. Les participants à cette conférence internationale, organisée les 18 et 19 juin par le Think Tank OCP Policy Center, ont aussi abordé la question des coûts de ces interventions nécessitant davantage de financements dans le cadre d'une coopération tripartite ONU, UA et UE, dans le but de limiter les graves atteintes au Droit international humanitaire (DIH), et réduire les agressions, notamment sexuelles commises par certains Casques bleus.

Les intervenants à l'ouverture de cette conférence avaient souligné l’intérêt accordé aux opérations de maintien de la paix dans le règlement des conflits, l'accompagnement des processus politiques, la protection des populations civiles, ainsi que l’apport de la société civile dans le règlement et la prévention des conflits.

Ils avaient mis en avant le bilan des réalisations de ces missions de paix et les défis multiples à relever, notamment en matière de lutte contre le terrorisme, le crime transnational, la traite des êtres humains et le séparatisme.

Cette conférence a été l’occasion de se pencher sur de nombreuses questions liées à l'évolution des opérations de maintien de la paix sur le terrain depuis le processus de réformes entamé par l'ONU ces dernières décennies, les leçons à tirer de ces expériences et les moyens permettant aux pays de l'Union africaine d'accéder à l’autonomie en matière de gestion du maintien de la paix sur le continent.

Elle a aussi jeté la lumière sur les questions relatives à une meilleure compréhension des enjeux de ces opérations, à leur gouvernance, à la protection des populations vulnérables, ainsi qu'à l’implication de la société civile dans ces missions.

La séance d'ouverture s'est déroulée en présence notamment de MM. Youssef Amrani, chargé de mission au Cabinet Royal, Miguel Angel Moratinos, ancien ministre espagnol des Affaires étrangères, Mahamat Saleh Annadif, ancien ministre des Affaires étrangères du Tchad et chef de la Mission multidimensionnelle de stabilisation intégrée des Nations unies au Mali (Minusma) et Jean-Marc Chataigner, envoyé spécial (France) pour le Sahel, ainsi que du général Birame Diop, chef d'Etat-major de l’armée de l’air du Sénégal.

L'OCP Policy Center est un Think Tank marocain qui a pour mission de contribuer à approfondir les connaissances et à enrichir la réflexion autour des questions économiques et des relations internationales revêtant un enjeu majeur pour le développement socio-économique du Maroc, et plus largement pour celui du continent africain.