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Présentation à Rabat des efforts du Maroc en matière de traitement et de valorisation des déchets ménagers et assimilés

Rédigé le 27/06/2018
MAP


Rabat - Les efforts du Maroc en matière de traitement et de valorisation des déchets ménagers et assimilés ont été mis en avant à l'occasion de la tenue à Rabat de la première réunion annuelle de la Plateforme africaine des villes propres (ACCP). Lors de cette rencontre dédiée à la présentation des connaissances et expériences marocaines en la matière, M. Fouad Zakari, chef de service à la Direction générale des collectivités locales (DGCL), a indiqué que la stratégie nationale de traitement et de valorisation des déchets ménagers et assimilés permettra d'insérer les déchets dans un circuit économique rentable. 

Cette stratégie entend, entre autres, de mettre en avant la filière "tri-recyclage-valorisation" et de transformer les décharges contrôlées en Centre d'enfouissement et de valorisation des déchets (CEV), a-t-il dit, relevant dans ce sens, que quatre CEV ont été réalisés au niveau d'Ifrane, Marrakech, Khénifra et Béni Mellal, et que les aspects de tri-recyclage-valorisation ont été intégrés au niveau des documents d'appels d'offres des projets de mise en décharge.

Elle peut également s'appuyer sur la troisième phase du Programme national des déchets ménagers (PNDM) 2018-2022, qui accorde une grande d'importance aux aspects de tri-recyclage-valorisation des déchets, avec pour objectif de porter le taux de recyclage à 30% contre 20% actuellement, a-t-il ajouté.

De son côté, Anass Laraichi, chef de service au sein de la DGCL, a exposé l’expérience marocaine en matière de gestion des déchets ménagers et assimilés, relevant qu'avant 2008, le secteur était marqué par la domination de la gestion directe, faite par les communes elles mêmes, donnant lieu à quelques problèmes comme l'insuffisance en infrastructures et en équipements de collecte et d'élimination des déchets et la vétusté du matériel utilisé.

Les années 2006 et 2008 ont constitué un tournant majeur dans le secteur avec l'adoption de la loi 28-00 relative à la gestion des déchets et leur élimination et de la loi 54-05 relative à la gestion déléguée des services publics, a noté M. Laraichi, ajoutant que le lancement du PNDM en 2008 a permis, à ce jour, la réhabilitation de 23 décharges sauvages, le lancement de 2 expériences de conversion énergétique du biogaz à Oujda et Fès, le lancement d'une expérience de tri au niveau de la décharge de Oum Azza à Rabat et le lancement de 64 plans directeurs provinciaux ou préfectoraux dont 17 sont d'ores et déjà achevés.

Le PNDM a également impulsé la professionnalisation du secteur qui présente à la fois un intérêt économique pour les opérateurs privés et un coût supportable pour les communes, a-t-il rappelé, notant que le recours à des opérateurs privés a permis, entre autres, le renouvellement du parc des véhicules de propreté, l'introduction de nouvelles prestations et de nouvelle méthodes d'organisation et de gestion et l'amélioration des services rendus aux citoyens par une gestion efficace et rationnelle.

Aujourd'hui, le taux de collecte professionnalisée a atteint un taux de 86% contre 46% en 2007, alors que le taux d'enfouissement est désormais de l'ordre de 51% contre 11% avant le lancement du PNDM, a conclu M. Laraichi.

Le représentant de la commune de Tiznit, M. Ahmed Hanni, a, quant à lui, présenté l'exemple de la ville de Tiznit dans l'amélioration de la gestion des déchets solides municipaux, soulignant que ce projet, qui s'inscrit dans le cadre de la coopération entre les gouvernements marocains et japonais, a permis l'amélioration de la capacité de gestion des déchets solides dans la province de Tiznit, et la mise en application des directives du schéma directeur provincial de gestion des déchets et des recommandations du PNDM.

Ce projet a également permis la réalisation par la commune d'une analyse de la quantité et de la compositions des déchets solides, en vue de mettre en place un mode de traitement et de valorisation adaptés.

Pour sa part, la directrice de l'observation, des études et de la planification au sein du secrétariat d'Etat chargé du développement durable, Rajae Chafil, a relevé que la Stratégie nationale de développement durable (SNDD), adoptée en juin 2017, a été élaborée en vue d'atteindre les objectifs de développement durable 2030.

Cette stratégie a pu profiter d'un contexte institutionnel et politique "propice" à travers une gouvernance démocratique garantie par la constitution de 2011 et une volonté politique affirmée dans les différentes stratégies adoptées par le Maroc.

L'enjeu de gouvernance occupe une place importante dans cette stratégie, a affirmé Mme Chafil, précisant que la mise en œuvre de la SNDD se fait dans le cadre d'une gouvernance participative à travers un comité stratégique présidé par le chef du gouvernement et un comité de pilotage présidé par le secrétariat d'Etat chargé du développement durable.

Cette stratégie se fixe pour objectif d'atteindre un taux de raccordement global au réseau d'assainissement en milieu urbain de 80%, et un taux de traitement des eaux usées de 60 % à l'horizon 2020, a-t-elle fait savoir. Organisée par l'Agence japonaise de coopération internationale (JICA) en partenariat avec le ministère de l'Intérieur, le ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale, le Secrétariat d'Etat chargé du Développement durable, le ministère de l'Environnement du Japon, le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE), l'ONU-Habitat et la ville de Yokohama, cette réunion constitue une occasion pour les participants de discuter de la pression environnementale sur les villes africaines qui devient, en raison de la croissance de la population, du développement économique et de l’évolution du rythme de l’urbanisation, de plus en plus importante, notamment dans le secteur des déchets dont la mauvaise gestion peut entraîner des effets néfastes sur les conditions d’hygiène et de santé des populations.

Lancée officiellement par la déclaration de Maputo à l’occasion de la réunion préparatoire qui s’est tenue en avril 2017 au Mozambique, la Plateforme africaine des villes propres s’est ouverte aux gouvernements nationaux et locaux, aux villes, aux ONG, ainsi qu'aux organisations internationales et s’est assignée comme objectif principal la promotion des ODD à travers notamment la mise en réseau et le partage des connaissances en matières de gestion des déchets entre les différents pays africains dans la perspective de villes propres et saines à l’horizon de 2030.