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Moussem d'Assilah : Le 11è Prix Tchicaya U Tam'si de la poésie africaine décerné au poète sénégalais Amadou Lamine Sall

Rédigé le 02/07/2018
MAP


Assilah - La 11ème édition du Prix TChicaya U Tam'si de la poésie africaine a été décerné, dimanche à Assilah, au poète sénégalais, Amadou Lamine Sall, en présence d'une constellation d'intellectuels, d'académiciens, d'artistes et de littéraires marocains et étrangers.

S'exprimant lors de la cérémonie de remise du prix, organisée dans le cadre de la 40è édition du Moussem culturel international d'Assilah, le secrétaire général de la Fondation du Forum d'Assilah, Mohamed Benaissa, a souligné que cette édition vient célébrer l'art et la culture africaines, notant que ce prix, qui honore la mémoire du défunt poète congolais, Tchicaya U Tam'si, a été remporté par un grand poète sénégalais, dont amour, générosité, passion, sincérité, créativité, intelligence et beauté sont les maîtres mots de ses oeuvres, qui lui ont valu plusieurs consécrations au niveau international.

Avec ce sacre, Amadou Lamine Sall rejoint une élite de poètes de différents pays africains ayant été couronnés par ce prix prestigieux, décerné tous les trois ans. Il s'agit notamment des poètes mauricien, Edward Maunick (1989), égyptien, Ahmed Abdel Mo'ti Higazi (1996), capverdien, Vera Duarte (2001), nigérian, Nini Osudare (2008), sénégalais, Fama Diagne Sene (2011), marocain, Mehdi Akhrif (2011) et ivoirien (Josué Guébo).

Pour le président du jury, le musicien et penseur capverdien, Mario Lucio Sousa, les membres du jury, venus des quatre coins du monde, étaient unanimes sur l'expérience poétique exceptionnelle et la singularité des oeuvres de ce poète au talent avéré.

Prenant la parole, M. Sall s'est dit très fier de recevoir ce prix, considéré comme "le Nobel de la poésie africaine", lors du Moussem d'Assilah, qui, selon lui, vient renforcer l'intégration africaine et célébrer l'art et la créativité, ajoutant "je suis heureux de voir l'Afrique fêter l'Afrique. Un moment qui restera à jamais gravé dans l'histoire".

"Mes pensées vont au défunt poète-président Léopold Sédar Senghor, qui m'a appris le sens de la patience, du travail et de l'humilité", a-t-il dit avec un air nostalgique, saluant les efforts déployés par le Maroc pour promouvoir le rayonnement de la culture africaine.

Le jury est constitué du spécialiste de la littérature africaine, Mamadou Ba, et du directeur général de la Fondation Léopold Sédar Senghor, Raphael Ndiaye (Sénégal), le poète marocain, Mehdi Akhrif, l'écrivain et poète brésilien, Mano Melo, et de la cinéaste portugaise, Vanessa Rodrigues, et de Mohamed Benaissa.

Cette cérémonie grandiose a été précédée d'une visite au petit jardin de Tchicaya U Tam'si à la porte de la ville, au pied des remparts là où le poète aimait à venir voir le soleil se coucher. Le jardin porte son nom et un monument garde dans la pierre la trace de l'un de ses poèmes.

Né en 1951 à Kaolack, Amadou Lamine Sall est le fondateur de la Maison africaine de la poésie internationale, et il préside aux destinées de la biennale internationale de poésie à Dakar au Sénégal. Lauréat en 1991 du prix du rayonnement de la langue et de la littérature française décerné par l'Académie française. Il est l'auteur de nombreuses anthologies de poésie qui ont été traduites en plusieurs langues.

Il compte à son actif une dizaine d'oeuvres poétiques, dont "Mante des aurores" (1979), "comme un iceberg en flammes" (1982), "femme fatale et errante ou locataire du néant" (1988), "Kamandalu" (1988), "les veines sauvages" (2001), "Noces célestes pour Léopold Sédar Senghor" (2004) et "le rêve du bambou" (2004).