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Positives, les réformes économiques en Algérie doivent s'accélérer (BM)

Rédigé le 08/09/2018
AFP


Alger - Les réformes économiques en Algérie vont dans "la bonne direction" mais doivent "s'accélérer", afin de diversifier l'économie, très dépendante des hydrocarbures, a estimé un haut responsable de la Banque mondiale (BM) à Alger.

"On est en présence d'une nouvelle Algérie", s'est réjoui Ferid Belhadj, vice-président de la BM en charge de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, dans un entretien à l'agence d'Etat Algérie Presse Service, publié vendredi.

Il a notamment salué "la place de plus en plus importante et pertinente accordée au secteur privé", indispensable selon lui à la nécessaire diversification de l'économie algérienne, ultra-dépendante du pétrole.

Le pays tire 60% de ses ressources budgétaires et 95% des ressources en devises de l'or noir, et a souffert de la chute des prix depuis 2014.

"Cette focalisation sur les hydrocarbures n'est pas porteuse" d'avenir, a expliqué M. Belhadj, "il va falloir changer, diversifier et (...) extraire de ce pays, ayant des potentialités énormes, davantage d'innovation et de créativité".

"Cela ne se fera qu'à travers un secteur privé qui sera délesté de certaines contraintes qui alourdissent toujours son développement", ce dont les responsables algériens sont conscients, a-t-il dit, après avoir rencontré plusieurs ministres et le gouverneur de la Banque centrale d'Algérie.

"Nous pensons que l'Algérie est dans la bonne direction. Cependant (...) il faut qu'il y ait, peut-être, des accélérations", a-t-il ajouté.

La chute des revenus pétroliers a creusé les déficits budgétaires de l'Algérie et fait fondre ses réserves de change.

Alger, réticent à s'endetter à l'extérieur depuis un douloureux plan d'ajustement structurel il y a 20 ans, a récemment autorisé le Trésor à emprunter directement auprès de la Banque d'Algérie, suscitant l'inquiétude du Fonds monétaire international (FMI) quant aux risques d'inflation.

Si le FMI a prôné un recours à "l'emprunt extérieur pour financer des projets d'investissement" ciblés, M. Belhadj a estimé que l'Algérie a "suffisamment de financements et n'a besoin d'emprunter ni auprès de la Banque mondiale ni auprès de quelqu'un d'autre".

Enfin, il a pointé du doigt le défi démographique auquel est confronté l'Algérie -comme le reste de la région- et appelé à un "effort" dans le secteur éducatif, "non seulement en terme des dépenses mais aussi en terme d'efficacité de ces dépenses".