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Ifrane : Clôture du 4-ème congrès annuel du Réseau de recherche fiscale africain

Rédigé le 13/09/2018
MAP


Ifrane - Les travaux du 4-ème congrès annuel du Réseau de recherche fiscale africain (ATRN), initié du 10 au 12 septembre à Ifrane sous le thème ‘’le rôle de l'environnement social et politique dans le renforcement des systèmes fiscaux en Afrique: solutions pour la perception des impôts’’, ont pris fin mercredi.

Lors de cette rencontre, qui a connu la participation d’une pléiade d’experts africains et étrangers, l’accent a été mis sur les différents aspects liés aux questions de fiscalité africaine dans la perspective d'élaborer une approche concertée pour relever les nouveaux défis en la matière.

S’exprimant à cette occasion, le directeur de la législation, des études et de la coopération à la Direction générale des impôts, Khalid Zazou, a souligné que les réflexions menées ont été ‘’riches et profondes’’, ajoutant que les ‘’échanges ont montré que ce thème est loin d’être épuisé et que la qualité des débats conforte à posteriori la pertinence de la thématique choisie pour cette quatrième édition’’.

Les thèmes débattus ont porté sur les limites de la réglementation et des pratiques fiscales dans des pays du continent africain et les perspectives d’évolution, a-t-il poursuivi, tout en appelant les pays africains à consentir davantage d’effort pour l’ancrage des politiques et des législations fiscales adéquates permettant le développement économique du continent africain.

M. Zazou a plaidé, dans ce cadre, pour une adaptation des normes fiscales africaines, pour la mise en place d’une bonne gouvernance et pour l’emploi optimisé des ressources fiscales, précisant que cela constitue le gage de la conformité fiscale. 

Et d’ajouter que la bonne gouvernance et la transparence banniront les entraves de tous genres qui empêchent l’éclosion d’une véritable citoyenneté et un consentement volontaire à l’impôt.

Le responsable n’a pas manqué de faire état de la prise de conscience collective des pays africains en matière fiscale, comme valeur essentielle et incontournable dans les stratégies de leur développement économique et social, notant que la Direction générale des impôts du Maroc ne ménagera aucun effort pour contribuer activement à la promotion de la coopération entre les pays du continent dans le domaine fiscal.

De son côté, la directrice des recherches du projet du Forum sur l’administration fiscale africaine (ATAF)-Cameroun, Nara Monkam, a souligné que cette rencontre a permis l’échange des idées et le partage des expériences entre chercheurs, décideurs et fiscalistes.

La première plénière a montré, a-t-elle dit, que les dépenses fiscales devraient être intégrées dans le cadre fiscal des pays africains, afin d'améliorer la transparence fiscale, tout en mettant l’accent sur les outils et les méthodes appropriés adoptés par le gouvernement pour faire le suivi de la manière dont les objectifs politiques sont mis en œuvre. 

Les deuxième et troisième plénières ont convenu que les pays subissent des flux financiers illicites (FFI) dus notamment à l'évasion fiscale, à la dégradation des échanges commerciaux et au blanchiment d'argent, a ajouté Mme Monkam.

Initié en coordination avec la Direction Générale des Impôts, ce congrès a constitué une occasion pour les chercheurs en fiscalité de présenter leurs travaux devant un auditoire d’instances décisionnelles issues de ministères des finances, d’administrations fiscales et d’organisations de la société civile.

L’ATRN est une plateforme exclusivement africaine qui a pour objectif de faciliter le développement des capacités du continent en matière de recherche sur les politiques, l’administration, la législation et le leadership dans le domaine de la fiscalité.

Le Réseau, projet du Forum sur l’administration fiscale africaine (ATAF), a été créé suite à la ‘’Conférence Internationale sur la fiscalité, l’édification de la nation et le développement des capacités en Afrique’’, tenue en 2008 à Pretoria en Afrique du Sud. La conférence avait regroupé les commissaires, les administrateurs fiscaux principaux et les décideurs politiques de 28 pays africains.