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Climat: Focus à Marrakech sur la transition énergétique en Afrique

Rédigé le 22/11/2018
MAP


Deux ans après la 22e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 22), une étape majeure dans l’histoire de la lutte mondiale contre le changement climatique, Marrakech est de nouveau l'hôte d'un sommet d'envergure, Africités, où la transition énergétique est l'un des sujets majeurs au coeur des débats autour des stratégies pertinentes pour l’amélioration des conditions de vie au niveau local et les moyens de favoriser la paix, l’intégration et l’unité de l’Afrique en partant des territoires.

Tout au long de la seconde journée de ce conclave, qui réunit jusqu'au 24 novembre des acteurs de la vie locale en Afrique et des partenaires issus d'autres régions du monde, l'accent a été mis sur l'importance capitale de la transition énergétique en termes d’emploi et de développement durable tout comme le rôle crucial que peuvent jouer les collectivités locales pour relever le challenge de l’adaptation aux changements climatiques. 

Maires de villes, petites et grandes, responsables gouvernementaux en charge des collectivités locales, du développement urbain, et de la fonction publique, organisations de la société civile, et opérateurs économiques des secteurs publics et privés ainsi que des représentants des agences spécialisées de l'ONU étaient au rendez-vous. 

L'enjeu est de taille: transformer la vision des villes et leur façon d’agir et œuvrer, tout en préservant l’environnement, pour que les territoires du futur soient innovants et adaptables, en les dotant des instruments de financement et de planification ainsi que du cadre idoine pour le transfert de technologies.

Devant ce parterre, la Secrétaire d'Etat chargée du développement durable, Nezha El Ouafi, a mis en avant l'expérience pionnière du Maroc en matière de gestion des déchets à la faveur de l'expertise et de la bonne gouvernance qui cadre avec la Stratégie nationale du développement durable.

Intervenant lors d'une session sur "Les stratégies locales pour l'accès aux services de gestion des déchets pour tous", Mme El Ouafi a souligné que la détermination du Royaume à tout mettre en oeuvre pour réussir ce chantier de développement d'envergure, ainsi que son engagement à partager son expérience et à accompagner les autres pays du continent dans le cadre de la promotion d'une économie verte, durable et inclusive.

La politique du Maroc dans ce domaine s'appuie sur la mise en place de partenariats pour renforcer les capacités des élus dans l'optique d'assurer leur pleine adhésion au processus de gestion des déchets, un domaine qui ne revêt plus un aspect technique mais devient un créneau économique créateur d'emplois et de valeur ajoutée, a-t-elle poursuivi.

Confrontées à une croissance démographique galopante et à une urbanisation accrue, les villes africaines subissent en effet une forte pression sur leurs ressources notamment énergétiques avec un coût souvent élevé sur l'environnement.

Face à cette réalité, l'heure est à un "renouveau énergétique" à la faveur de la mise en valeur, au niveau local, du potentiel de production en énergie propre considérable dont disposent les pays du continent, relèvent nombre de participants.

Une énergie durable pour tous est cruciale pour préserver l'environnement et promouvoir une économie propre créatrice d’emplois, tel fut ainsi le leitmotiv d'une session sur le "renouveau énergétique des territoires".

L'accent y a été mis sur l'impératif de concevoir l’énergie comme une contribution majeure au développement et de mobiliser à cet effet les ressources nécessaires pour investir dans ce secteur.

Le souci pour nombre de maires, qui ont partagé leurs expériences, est que les communes soient suffisamment impliquées et outillées pour élaborer des projets viables et économiquement bancables. Le président du directoire de l'Agence marocaine de l'énergie solaire (Masen) Mustapha Bakkoury, a exposé, dans ce cadre, l'expérience du Maroc en matière de transition verte, ainsi que les investissements importants consacrés par l'Etat pour mettre en œuvre les plans de développement des énergies renouvelables à travers le Royaume.

Signe du chemin parcouru qui font du Maroc aujourd'hui un modèle, la part des énergies renouvelables dans le mix électrique national a atteint 34 pc à fin 2017 et l'objectif est de porter la contribution de ces énergies à 42 pc du mix énergétique national en 2020 et à 52 pc en 2030.

Dans le cadre des délibérations, l'accent a été mis sur l'apport des projets des énergies renouvelables et d'efficacité énergétique dans la mise en valeur du territoire dans lequel ils sont implantés et dans l'amélioration des conditions de vie des communes concernées. 

L'argent étant le nerf de la guerre, la question du financement de la transition énergétique au niveau des villes africaines a focalisé une bonne partie des discussions, à l'heure où les collectivités locales s'activent, tant bien que mal, pour mobiliser des ressources pour leurs plans d'action en vue de promouvoir une énergie propre et durable.

Diverses expériences de communes au Bénin, en Côte d'Ivoire, au Cameroun, au Maroc ou encore en Afrique du sud ont été présentées par les intervenants, l'occasion d'un échange fécond sur les entraves et les enjeux mais aussi sur les bonnes pratiques, les opportunités et les solutions pour élaborer des plans climat et mobiliser les fonds nécessaires pour la mise en œuvre ainsi que la part du secteur privé pour activer le potentiel du secteur des énergies renouvelables. Si l'une des plus importantes questions relevées est d'amener le gouvernement central à transférer des fonds aux collectivités locales pour les questions d'atténuation et de lutte contre le changement climatique, le débat a permis aussi de soulever des points inhérents à l'importance de l'engagement personnel des élus sur le dossier climatique et énergétique, le rôle des associations des élus pour servir de relais avec les bailleurs de fonds, l'accès aux informations sur les modes de financement, la coordination avec les différents acteurs comme les ONG et le secteur privé, ainsi que le rôle des organisations internationales pour accompagner les collectivités à développer et préparer leurs projets...