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Marrakech: des élues africaines pour des villes intelligentes et respectueuses de la dignité des femmes

Rédigé le 23/11/2018
MAP

Des élues africaines participant au 8è sommet Africités à Marrakech ont appelé d'une seule voie à des villes vertes, intelligentes et dotées des structures à même de garantir la dignité et l'épanouissement de la femme africaine.

Prenant la parole lors d'un panel organisé par le Réseau des Femmes élues locales d'Afrique (REFELA) et l'Association internationale des maires francophones (AIMF) sur les "Villes africaines vertes, durables et d'avenir pour les femmes et les filles", elles ont souligné l'intérêt majeur porté aux problématiques liées au changement climatique et aux innovations nécessaires pour le développement de villes et de collectivités locales vertes et durables.

Elles ont cité en exemple de cet intérêt l'adoption de la Déclaration du REFELA lors de la COP22 à Marrakech et le partenariat établi par son chapitre national, le REFELA Cameroun avec le Réseau mondial des élus locaux francophones, et visant la mise en œuvre du programme FEDACAM (Femmes et Energie durable au Cameroun, appui au REFELA-Cam). Ce programme vise, selon elles, à apporter aux femmes maires un appui spécifique afin de renforcer leur légitimité et d'améliorer les conditions de vie des populations locales.

Dans cette veine, Célestine Ketcha Courtès, Maire de Bangangté (Cameroun) a indiqué que les femmes dans plusieurs villes africaines subissent les affres des dérèglements climatiques, pointant aussi du doigt "la main" d'une urbanisation effrénée qui favorise l'émergence de villes dépourvues d'une vision urbaine saine et optimale.

Il y a lieu de prendre en compte les conditions requises afin que les femmes et les filles du continent, qui contribuent pleinement au développement durable de leurs pays respectifs, soient protégées et épanouies pour le bien de la société dans son ensemble, a-t-elle recommandé, mettant en avant dans ce sens l'expérience de sa ville Bangangté qui a pu, avec l'aide de plusieurs partenaires, parcourir du chemin en matière d'émancipation des femmes notamment à travers des projets d'électrification et d'éclairage.

Dans la même lignée, la secrétaire d’Etat chargée de l’habitat, Fatna Lkhiyel, a passé en revue les nombreux défis auxquels sont confrontés les pays africains notamment en ce qui concerne la gestion urbanistique des villes. Elle a, en outre, mis en garde contre la recrudescence des dérèglements climatiques qui se répercutent négativement sur la situation des femmes dans les sociétés africaines et qui accentuent leur vulnérabilité.

Mme Lkhiyel a appelé, dans ce sens, à des actions concrètes à travers la réduction des inégalités basées notamment sur le genre, la promotion de l'investissement dans des projets destinés aux femmes, outre le transfert des technologies et des compétences.

Les autres intervenants ont insisté sur la nécessité de procéder au niveau des villes et des territoires à des analyses genre profondes pour comprendre la place des femmes et des hommes par rapport au changement climatique, appréhender les obstacles à leur participation en tant qu’acteurs de tout processus lié à réguler une telle problématique et mieux planifier, mettre en œuvre, suivre et évaluer les actions d’atténuation et d’adaptation aux risques et changements.

Ils ont, en définitive mis en relief le rôle central des femmes leaders et élues africaines et du monde, pour une transition vers des villes et collectivités locales et régionales vertes, durables et d’avenir pour les femmes et filles, appelant à lancer une large campagne pour la mise en application de l’Agenda de l’Afrique (2063 de l’Union africaine) et de l’Agenda international des Nations Unies d’ici 2030