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Gabon: le président Bongo va quitter l'hôpital de Ryad pour Rabat

Rédigé le 24/11/2018
AFP


Le président du Gabon Ali Bongo Ondimba, va prochainement quitter l'hôpital de Ryad où il est soigné depuis un mois à la suite d'un "malaise", pour se rendre en convalescence au Maroc.

Le président gabonais, 59 ans, viendra à Rabat "certainement la semaine prochaine" pour une période de "convalescence et de rééducation", a indiqué vendredi une source dans l'entourage du président Bongo jointe par l'AFP.

Il se rendra "dans un établissement hospitalier" de la capitale marocaine "pour une période de convalescence et de rééducation", selon cette source.

"Les médecins estiment qu'il est transportable même pour un long trajet (...) il respire normalement, il communique de façon cohérente, les progrès sont notables", a affirmé cette source.

Le président Bongo arrivera à Rabat "certainement la semaine prochaine, les médecins sont en train de finaliser le dossier (...) la décision (de venir au Maroc) a été arrêtée il y a 24 heures, conformément à ses souhaits", a-t-elle conclu.

Sollicitée par l'AFP, la présidence gabonaise n'a pas donné suite pour confirmer ou infirmer cette information.

Le président gabonais et le roi du Maroc Mohammed VI sont très proches depuis des dizaines d'années et le Maroc est bien implanté dans divers secteurs au Gabon.

Depuis l'hospitalisation le 24 octobre du président Bongo en Arabie saoudite, la présidence gabonaise n'a communiqué officiellement qu'à deux reprises.

D'abord le 28 octobre pour annoncer que le président avait été admis à l'hôpital du roi Fayçal à Ryad à la suite d'un malaise dû à "une fatigue sévère", consécutive à "une très forte activité ces derniers mois".

Puis le 11 novembre pour dire que le président Bongo était "en phase de recouvrement de la plénitude de ses facultés physiques", reconnaissant ainsi de manière implicite la gravité de son état de santé.

Citant les médecins qui soignent le chef de l'Etat, le porte-parole de la présidence, Ike Ngouoni, avait évoqué "un saignement justifiant une prise en charge médico-chirurgicale en secteur hautement spécialisé".

M. Ngouoni n'avait cependant pas précisé le mal dont souffrait le chef de l'Etat. Quelques jours auparavant, une source étrangère proche du président Bongo avait affirmé à l'AFP qu'il avait "eu un AVC" (accident vasculaire cérébral), cause de son hospitalisation.

"Le pronostic vital n'est plus engagé, il n'est plus sous respiration artificielle" et il se trouve toujours à Ryad, avait déclaré la même source.

 

 

La rareté des informations offcielles sur l'état de santé du chef de l'Etat a alimenté les rumeurs et fausses nouvelles les plus alarmistes, principalement sur les réseaux sociaux.

Mi-novembre, pour pallier l'absence d'Ali Bongo, la Cour constitutionnelle du Gabon a modifié la loi fondamentale, une décision dénoncée avec véhémence par l'opposition et la société civile qui ont parlé de "coup de force".

La Cour, présidée depuis 1991 par Marie-Madeleine Mborantsuo, pilier du régime Bongo, a ajouté un alinéa à la Constitution prévoyant qu'en cas "d'indisponibilité temporaire", certaines fonctions normalement dévolues au président puissent être exercées par le Premier ministre ou le vice-président.

Selon la Coalition pour la nouvelle République (CNR), formée pour soutenir Jean Ping, rival malheureux d'Ali Bongo à la présidentielle de 2016, "l'acte (de la Cour) prouve une fois de plus, une fois de trop, la violation flagrante de notre loi fondamentale, par la Cour constitutionnelle garante de celle-ci". La CNR s'interrogeait sur "les desseins inavoués de la Cour Constitutionnelle".

C'est la Cour constitutionnelle, accusée par l'opposition d'être comme "la tour de Pise", de toujours pencher dans le même sens (celui du pouvoir), qui avait validé en 2016 les résultats de la présidentielle donnant une courte victoire à Ali Bongo.

La colère des partisans Jean Ping, qui avait crié à la fraude, avait alors dégénéré en violences meurtrières inédites au Gabon, principalement dans la capitale Libreville.

Cette fois-ci, depuis un mois et l'hospitalisation du président Bongo, Libreville reste calme et les rares tentatives de rassemblements à l'appel de partis d'opposition, de la société civile et de syndicats - interdits par le gouvernement - ont échoué