Le Pacte mondial sur la migration, un jalon historique pour la coopération internationale

Le Pacte mondial sur la migration, un jalon historique pour la coopération internationale

Rédigé le 08/12/2018
Naoufal Enhari - MAP


Le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, qui sera formellement adopté lors de la Conférence intergouvernementale convoquée par les Nations-Unies les 10 et 11 décembre à Marrakech, est un document historique pour une coopération internationale renforcée sur la question migratoire.

Approuvé le 13 juillet dernier par les Etats membres sous l'égide de l'Assemblée générale des Nations-Unies, ce Pacte mondial a été salué comme "une réalisation importante" et un document complet visant à mieux gérer les migrations internationales, à relever leurs défis et à renforcer les droits des migrants tout en contribuant au développement durable.

Le texte du Pacte mondial est ainsi profondément ancré dans la Charte des Nations-Unies et la Déclaration universelle des droits de l'Homme.

L'adoption du Pacte à Marrakech constitue aussi l'aboutissement de plus de 18 mois de consultations et de négociations intensives au sein des Nations-Unies.

En effet, le texte final adopté en juillet a été le fruit d’un large consensus, et salué mondialement comme une nouvelle preuve que le multilatéralisme peut résoudre les problématiques les plus délicates de notre temps, à l’instar de la migration.

Ce Pacte mondial non contraignant repose sur des valeurs telles que la souveraineté des Etats, le partage des responsabilités, la non-discrimination et les droits de l'homme. 

Il reconnaît qu'une approche coopérative est nécessaire pour optimiser les avantages globaux de la migration, tout en atténuant ses risques et ses défis pour les individus et les communautés des pays d'origine, de transit et de destination.

Notant que "la migration a toujours fait partie de l'expérience humaine" et reconnaissant qu'elle est une source de prospérité, d'innovation et de développement durable dans un monde globalisé moderne, le Pacte exprime l'engagement collectif des Etats membres à améliorer la coopération en matière de migration internationale.

Le texte "reconnaît clairement qu'aucun Etat ne peut traiter seul les migrations". Il présente ainsi un cadre de coopération à caractère juridique non contraignant qui repose sur les engagements souscrits par les Etats eux-mêmes deux ans auparavant dans la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants.

L’ancien Président de l'Assemblée générale de l’ONU, Miroslav Lajčák, qui a fait de la migration une pierre angulaire de son mandat, a souligné en juillet que le Pacte mondial "n'encourage pas la migration et ne cherche pas à l'arrêter". Selon lui, le Pacte "ne dicte pas. N'impose pas. Et respecte pleinement la souveraineté des Etats".

Après son adoption formelle à Marrakech, le Pacte mondial pour des migrations sures, ordonnées et régulières sera ensuite renvoyé, le 19 décembre, au niveau de l’Assemblée générale pour sa mise en œuvre avec l’adoption d’une feuille de route à cet effet.