Energie solaire : là où les pas de géant du Maroc mettent l'Afrique sur une bonne orbite (Le Point Afrique)

Energie solaire : là où les pas de géant du Maroc mettent l'Afrique sur une bonne orbite (Le Point Afrique)

Rédigé le 15/12/2018
MAP


C'est «avec clairvoyance, et au pas de charge» que le Maroc a décidé, il y a une dizaine d'années, de s'émanciper de sa forte dépendance aux énergies fossiles importées et de basculer vers les énergies renouvelables, écrit Le Point Afrique en soulignant le leadership du Royaume en la matière et la valeur d’exemple qui est la sienne dans ce domaine pour le continent africain.

Dans un article sous le titre : «Energie solaire: là où les pas de géant du Maroc mettent l'Afrique sur une bonne orbite», le site d’information dédié à l’actualité africaine relève, à cet égard, que le continent africain se trouve devant un enjeu de taille: accélérer sa transition énergétique pour réduire la part des centrales diesel ou à gaz, très émissives en CO2, alors que la demande d'électricité suit la courbe de la forte croissance démographique.

Noor Ouarzazate est la vitrine des ambitions du Maroc en matière d'énergies renouvelables et d'innovation technologique, souligne Le Point Afrique en rappelant l’objectif du Royaume d’atteindre 42 % du mix d'origine renouvelable en 2020 et 52% en 2030.

«Dans cette grande plaine aride et ocre, entre Méditerranée et Sahara, s'est érigé ce qui s'apprête à devenir le plus grand complexe solaire thermodynamique du monde, avec une capacité de 580 MW -dont 72 MW en photovoltaïque», affirme le site d’information dans un reportage de son envoyée spéciale à Ouarzazate, Agnès Faivre.

La journaliste s’est attardée sur les spécificités qui sont celles des unités solaires de la région en matière de production et de stockage d’électricité sur la base notamment d’explications fournies par M. Rachid Bayed, directeur de réalisation à l’Agence marocaine pour l'énergie solaire (MASEN).

«MASEN a fait le choix de laisser une liberté technologique sur chacune de ses centrales afin de voir, parmi les technologies innovantes, laquelle serait la plus compétitive et la plus efficace sur le long terme. Or, aujourd'hui, aussi bien la technologie thermo-solaire avec capteurs cylindro-paraboliques que celle avec tour sont porteuses d'avenir», commente Mathilde Bord-Laurans, responsable de la division énergie à l'Agence française de développement (AFD), citée par l’auteur de l’article.

Outre le Maroc, des centrales solaires thermodynamiques (Concentrated Solar Power, CSP en anglais) sont aujourd'hui en activité en Afrique du Sud, en Algérie et en Égypte, précise notamment Le Point Afrique qui s’interroge sur la possibilité pour le CSP de gagner d’autres territoires en Afrique eu égard à l'immense défi d'accès à l'énergie sur le continent (environ 600 millions d'Africains sont privés d'électricité) et dans la perspective du New Deal pour l'énergie en Afrique, qui mise sur une production de 10 GW à partir d'énergies renouvelables en 2025.

«Le potentiel solaire reste l'un des facteurs majeurs pour optimiser les prix du CSP», note dans ce cadre Rachid Bayed, cité par le site d’information pour qui les pays de la bande sahélo-saharienne, avec des niveaux d'irradiation solaire parmi les plus élevés du monde, pourraient ouvrir la voie. 

MASEN et la Banque africaine de développement ont d'ailleurs signé une «lettre d'intention» pour renforcer les capacités solaires dans 11 pays de la zone, affirme la même source en indiquant que des coopérations sont déjà engagées avec le Burkina Faso, Djibouti, l'Éthiopie, le Nigeria et le Sénégal.

Fervent défenseur des énergies propres depuis une trentaine d'années, Youba Sokona, conseiller spécial développement durable au South Center (organisation intergouvernementale de pays du Sud qui eut comme premier président en 1995 l'ex-dirigeant tanzanien Nyerere) a souligné le leadership qui est celui du Maroc afin qu’une technologie comme le CSP puisse fonctionner en Afrique, souligne Le Point Afrique.

S’agissant particulièrement de l'essor du photovoltaïque, le spécialiste s’est enthousiasmé que les avancées réalisées aient totalement révolutionné la vision et l'approche du système énergétique en Afrique.

Burkina Faso, Ghana, Kenya, Niger, Ouganda, Sénégal, Zambie… Difficile de lister tous les pays africains qui voient éclore des centrales solaires photovoltaïques, qu'il s'agisse de projets privés ou publics, observe-t-il. 

L'intérêt de cette technologie est qu'elle ouvre aussi tout un champ de possibilités, note le site d’information précisant que dans les zones reculées non desservies par le réseau électrique, des mini-kits solaires permettent par exemple d'alimenter une radio, une lampe, de recharger un téléphone. Une solution moins couteuse que des piles ou des petits groupes alimentés au diesel, fait-il remarquer. 

Selon Youba Sokona, le solaire photovoltaïque est « beaucoup plus adapté au contexte socio-économique africain » en ce sens qu’«il propose des systèmes flexibles, alors que le système centralisé exclut une partie des populations».

Le Point Afrique évoque dans ce cadre les progrès auxquels l’énergie solaire pourrait donner lieu notamment en agriculture (possibilité d’utiliser le solaire pour puiser l'eau, la déssaliniser, sachant que seules 3% des terres agricoles sont irriguées en Afrique) et dans le domaine de la promotion de la condition de la femme. 

Autre enjeu, de taille, pour le continent africain : accélérer sa transition énergétique pour réduire la part des centrales diesel ou à gaz, très émissives en CO2, alors que la demande d'électricité suit la courbe de la forte croissance démographique, relève le site d’information. 

C'était d'ailleurs pour s'émanciper de sa forte dépendance aux énergies fossiles importées que le Maroc avait décidé, il y a à peine 10 ans, de basculer vers les énergies renouvelables. Avec clairvoyance, et au pas de charge, souligne-t-il en conclusion.