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Rencontre-débat à Oujda sur les enjeux et les perspectives de l'investissement en Afrique

Rédigé le 22/12/2018
MAP


Oujda - "Investir en Afrique : enjeux et perspectives" est le thème d’une rencontre-débat organisée, vendredi à Oujda, à l’initiative de la section régionale de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM-Oriental).

Cette rencontre, marquée par la présence du député maire de Bamako et ancien Premier ministre du Mali, Moussa Mara, a servi de cadre d’échanges et de partages autour du potentiel qu’offre la région de l’Oriental aux investisseurs africains, ainsi que des moyens envisageables pour un partenariat économique gagnant-gagnant, durable et solidaire entre les régions africaines.

Elle était aussi une occasion pour les entrepreneurs de la région de l’Oriental de s’enquérir des acquis et des compétences de M. Mara, (expert-comptable et homme d’affaires), approuvés à travers son cursus riche et son expérience reconnue et de mener avec lui une réflexion autour du climat des affaires en Afrique de l’Ouest.

Ouvrant les travaux de cette rencontre-débat, le président de la CGEM-Oriental, Noureddine Bachiri, a rappelé que l’engagement Royal en faveur de l’ancrage africain du Maroc s’est illustré notamment à travers les visites officielles que SM le Roi Mohammed VI a effectuées dans de nombreux pays africains, notant que la CGEM est fière d’avoir été associée à ces visites qui consacrent les principes de solidarité et de coopération au service d'un continent africain regorgeant de potentialités et de richesses.

Il a expliqué dans ce sens que l’Afrique compte à elle seule 25 pc des réserves mondiales en termes de ressources naturelles, estimant que le continent africain va devenir le plus grand réservoir de main d’œuvre et de consommateurs au monde.

Et d’ajouter que les Etats, les gouvernements, les entreprises et la société civile doivent unir leurs forces et agir en faveur d’un changement qui s’appuie sur certains facteurs clés, à savoir de nouvelles industries, la bonne gouvernance, un capital humain qualifié et un environnement des affaires adéquat, voire aussi une approche régionale dynamique et prospective.

M. Bachiri a estimé par ailleurs que la communauté des affaires en Afrique a besoin d’un réel partenariat public-privé, où les gouvernements et les régions agissent en tant que facilitateurs et régulateurs, et les entreprises créent une croissance responsable et une richesse partagée.

"A l’heure où les régions du monde s’organisent en espaces intégrés, notre continent doit continuer d’agir et de s’inscrire dans cette tendance", a-t-il dit.

De son côté, M. Mara a souligné qu’à la faveur du grand intérêt qu’accorde SM le Roi Mohammed VI au développement de la coopération Sud-Sud, le Maroc est devenu le premier investisseur africain en Afrique.

La meilleure illustration de la coopération entre deux pays, c’est la coopération économique, a-t-il relevé, arguant que c’est surtout le business qui peut assurer la continuité des relations entre les collectivités et les pays.

M. Mara, qui s’est dit impressionné par la dynamique de développement que connaît la région de l’Oriental grâce aux efforts déployés par les différents acteurs, public et privé, a formulé le souhait que ce genre de rencontres-débats se traduiront, de manière plus concrète, par un plus grand rapprochement entre la région de l’Oriental et d’autres régions et pays d’Afrique, et par des relations d’affaires importantes entre les opérateurs économiques de l’Oriental et d’autres régions du continent dans le cadre de la prospérité partagée. 

Dans son intervention, l’ancien Premier ministre malien a mis aussi l’accent sur les potentialités dont jouit le continent africain en général, et l’Afrique de l’Ouest en particulier, aussi bien en termes de démographie avec une grande proportion de jeunes, d’urbanisation, d’opportunités d’investissements et bien d’autres atouts qui ont contribué à modifier profondément la perception que le monde a de l’Afrique.

Il a toutefois relevé l’obligation pour les Etats africains d’accorder davantage d’importance à la régionalisation et à la décentralisation, et d’encourager la coopération entre les entités territoriales et le secteur privé, y compris les petites et moyennes entreprises qui ont aussi un rôle à jouer.

Il a saisi également l’occasion pour donner un aperçu sur le Mali, ses richesses, les réformes engagées dans ce pays ces dernières années, et les efforts visant à renforcer les facteurs d’attractivité des investissements, plaidant à cet effet en faveur du développement de la coopération entre la CGEM et l’Agence de promotion des investissements au Mali.

Prenant la parole, le Secrétaire général de la Wilaya de l’Oriental, Abderazzak El Gourji, a noté, quant à lui, que la rencontre initiée par la CGEM de l’Oriental se veut une occasion propice pour susciter une réflexion approfondie sur l’investissement en Afrique, rappelant dans cette veine que le Maroc n’a eu de cesse depuis son indépendance de réaffirmer son identité africaine en plaçant ce continent au cœur de ses choix stratégiques.

Le Royaume a toujours accordé une importance primordiale au développement de ces relations avec ses confrères africains à travers la consolidation des relations politiques, et l’établissement de partenariats diversifiés et féconds, fidèle en cela aux liens historiques et profonds qu’il entretient avec ces pays, a-t-il dit. 

Et M. El Gourji de poursuivre que sous le règne de SM le Roi Mohammed VI, cette vocation africaine a pris une nouvelle dimension en s’inscrivant dans le cadre d’une vision à long terme qui s’appuie sur les vertus de la coopération Sud-Sud et l’impératif du développement humain dans l’établissement des rapports économiques justes, équitables et équilibrés.

Les autres intervenants ont mis en avant notamment les relations historiques entre le Maroc et le Mali, l’ancrage du Maroc dans l’espace africain, le rôle que doivent jouer les hommes d’affaires marocains dans le développement des relations économiques du Royaume avec les pays africains, et la position géographique stratégique de la région de l’Oriental en tant que plate-forme d’échange et de coopération Nord-Sud et Sud-Sud.

L’accent a été mis aussi sur l’Agenda 2063 de l’Union africaine, la nécessité de mettre en commun les avantages compétitifs, le partenariat public-privé au service du développement, les chaînes de valeurs régionales en Afrique, la formation des ressources humaines, le marketing territorial, les programmes de financement et d’accompagnement des PME au Maroc et les opportunités d’investissement dans la région de l’Oriental.