.

En Afrique du Sud, remous autour d'une note diplomatique sur la corruption

Rédigé le 05/02/2019
AFP


Johannesburg - Une note diplomatique signée de cinq pays, dont les Etats-Unis et le Royaume-Uni, sur la corruption en Afrique du Sud a provoqué lundi l'ire du parti au pouvoir, qui a dénoncé un ingérence "impérialiste" dans ses affaires intérieures.

Dimanche, le Sunday Times a publié en "une" des extraits d'une lettre signée par les représentants à Pretoria de cinq pays représentant 75% des investissements étrangers dans le pays, dans laquelle ils recommandaient au gouvernement des mesures fermes pour le rétablissement de "l'Etat de droit".

"Aucun investisseur ne s'aventurera en Afrique du Sud sans garantie sérieuse de protection de ses investissements", était-il écrit dans la note citée par l'hebdomadaire.

Le Sunday Time a ajouté que la lettre avait été envoyée directement au président Cyril Ramaphosa.

Au pouvoir depuis la démission du sulfureux Jacob Zuma il y a un an, M. Ramaphosa multiplie depuis les appels du pied aux entreprises étrangères pour relancer l'économie et promet la fin du "pillage de l'Etat" qui a marqué l'ère Zuma.

Mais la croissance du pays reste désespérément atone et les scandales de corruption continuent à éclabousser le Congrès national africain (ANC) au pouvoir.

Ces dernières semaines, plusieurs ministres et élus ont été mis en cause devant une commission d'enquête.

Le ministère des Affaires étrangères sud-africain a réagi en se disant "déçu" par la note des ambassadeurs et déplorant qu'elle rompe avec "les usages diplomatiques établis".

La cheffe de la diplomatie sud-africaine Lindiwe Sisulu s'en est d'ailleurs entretenue lundi avec les intéressés.

A l'issue de l'entretien, les représentants américain, britannique, allemand, néerlandais et suisse ont précisé qu'ils n'avaient pas envoyé cette lettre au chef de l'Etat et surtout qu'elle datait de juin 2018, suggérant un malentendu.

"Cette note était destinée à soutenir les demandes d'investissement de l'Afrique du Sud et pour souligner notre dialogue constructif" avec ses autorités, ont-ils plaidé.

Malgré ces explications, l'ANC a dénoncé le ton "menaçant et agressif" de leur note. "Cet acte injustifié (...) constitue une vague tentative d'influer sur le résultat des prochaines élections", a ajouté le parti.

Des élections générales sont prévues en mai prochain en Afrique du Sud. L'ANC en reste largement favori, malgré la baisse de sa popularité et ses divisions internes.