Fondation sud-africaine: Le Maroc, un modèle de développement qui inspire les pays africains

Fondation sud-africaine: Le Maroc, un modèle de développement qui inspire les pays africains

Rédigé le 01/03/2019
MAP - Abdelghani AOUIFIA


Johannesburg - Le Maroc a réalisé, durant les deux dernières décennies, d’importants progrès économiques qui positionnent le Royaume comme modèle de développement pour les autres pays du continent africain, a indiqué Greg Mills, directeur de la Fondation Brenthurst, basée à Johannesburg. 

«Dans le passé, les institutions financières internationales appelaient les pays africains à s’inspirer de modèles étrangers dont les Tigres asiatiques, les pays d’Europe de l’Est ou ceux d’Amérique latin. Désormais, l’Afrique trouve en le Maroc le modèle d’un pays africain qui a réussi à mettre en œuvre un développement dont les résultats suscitent l’admiration partout dans le monde», a dit M. Mills dans une interview à MAP-Johannesburg.

Cet expert des questions africaines s’est dit «impressionné» par le niveau de développement atteint au Maroc, un développement, a-t-il dit, qui place l’élément humain au cœur des priorités.

Auteurs de plusieurs livres et recherches dont le bestseller «Why Africa is Poor – And What Africans Can Do About It», M. Mills, dont la première visite au Maroc remonte à 2001, a noté que le Royaume «prend au sérieux les questions de développement, un développement qui se fait dans un cadre marqué par la stabilité garantie par la Monarchie».

Ce sens de trajectoire en matière de développement est fondamental dans la mesure où il a permis au Maroc de bien planifier la réalisation de ses objectifs, a poursuivi le directeur de la Fondation Brenthurst, créée en 2005 par la famille Oppenheimer, fondatrice du géant minier sud-africain Anglo American, pour renforcer les performances économiques en Afrique.

L’expert s’est félicité de l’accélération de l’élan de développement économique au Maroc depuis 2011, soulignant que les réformes initiées par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, en particulier depuis cette date, ont renforcé l’élan de développement du Royaume tout en consacrant son modèle de stabilité. 

Mettant en avant le climat d’ouverture politique qui règne au Maroc, il a relevé que le Royaume «est aujourd’hui une société d’ouverture et d’innovation». Les changements sont concrets et visibles partout dans le pays, a-t-il dit, citant la modernisation des villes marocaines, à présent dotées d’infrastructures ultramodernes.

L’expert s’est attardé sur les zones économiques et industrielles mises en place dans plusieurs villes du Maroc, notant que ces zones forment de véritables hubs de développement conducteurs de prospérité.

«Contrairement à de nombreux pays africains, notamment ceux d’Afrique subsaharienne où on assiste à des discours sur le développement sans voir des mesures tangibles pour leur concrétisation, au Maroc ce discours trouve la voie de la mise en œuvre», a-t-il dit, citant les régions du nord, notamment celle du Détroit, où des projets structurants, dont le Port-Tanger Med, ont changé la face de la région en un court laps de temps.

Outre la mise en place d’infrastructures et l’exploitation judicieuse de la position géographique du Maroc, les autorités marocaines ont su promouvoir les compétences tout en allant vers la diversification des relations économiques et commerciales avec de nombreux partenaires internationaux, a encore dit M. Mills, soulignant que cette approche holistique au développement distingue bel et bien le Maroc des autres pays du continent africain.

Cet effort de développement se distingue aussi par son déploiement à travers le territoire marocain, y compris les provinces du Sud, qui connaissent un important essor économique créateur d’emplois et de richesse, a-t-il dit, relevant qu’il s’agit d’une vision du développement à long terme que le Royaume est en train de réussir. 

«Le Maroc nous offre un modèle africain duquel nous pouvons tirer des enseignements pour le développement du continent», a enchainé l’expert sud-africain, qui dispose d’une longue expérience en matière de développement en Afrique, ayant travaillé comme conseiller stratégique auprès du président du Rwanda (2008) et animé des comités consultatifs au Malawi, au Mozambique, au Libéria, au Kenya, en Zambie et au Zimbabwe.

«L’entrée au Maroc de grands constructeurs automobile, le développement des incubateurs industriels, l’essor de l’industrie aéronautique ainsi que des autres industries sont autant de réalisations dont les Marocains et l’ensemble des Africains pourront être fiers», a-t-il indiqué.

M. Mills s’est, d’autre part, félicité de la projection africaine du Maroc, soulignant que le renforcement de l’ancrage du Royaume dans son prolongement naturel qu’est l’Afrique s’inscrit en droite ligne de la stratégie du pays visant à diversifier ses partenariats avec la conclusion d’accords de libre-échange avec plus de 60 pays.

L’Afrique occupe désormais une place centrale dans cette politique marocaine, a-t-il dit, soulignant que le retour du Maroc au sein de l’Union africaine illustre cet engagement sans équivoque du Maroc, dont le rôle pour le développement du continent n’est pas à démontrer.

Il a rappelé, dans ce contexte, les multiples périples effectués par Sa Majesté le Roi Mohammed VI en Afrique et les nombreux accords de coopération conclus lors de ces visites Royales entre le Maroc et les pays du continent. Cette approche a permis aux entreprises marocaines de s’implanter en Afrique dans des secteurs à forte valeur ajoutée, dont le secteur bancaire, a-t-il dit, mettant l’accent sur la nécessité de poursuivre cet effort sur la base du partenariat gagnant-gagnant prôné par le Royaume.

Revenant sur les relations entre le Maroc et l’Afrique du Sud, M. Mills, qui est également membre de think-tanks influents dont Chatham House et Royal United Services Institute (Royaume-Uni), a souligné que les deux pays «ont tout à gagner d’un renforcement de leurs relations».

Les deux pays disposent de nombreux atouts, dont la diversité de leurs tissus économiques et industriels, qui forment la base d’une coopération mutuellement avantageuse, a-t-il dit, relevant que l’Afrique, dans sa quête de s’imposer dans l’actuel environnement économique mondial, a besoin de «locomotives». 

«C’est deux locomotives sont bel et bien le Maroc et l’Afrique du Sud», a-t-il estimé, relevant que les domaines de coopération économique entre le Maroc et l’Afrique du Sud ne manquent pas: des services financiers au tourisme en passant par l’agriculture, l’enseignement, la culture et l’industrie.