Saida Baadi, une passion débordante et une ambition illimitée

Saida Baadi, une passion débordante et une ambition illimitée

Rédigé le 08/03/2019
MAP - Abdellatif El Jaafari


Casablanca – Quand elle a quitté très jeune le cocon familial, l'actrice Saida Baadi a vite fait de succomber aux sirènes de la planche, se jetant corps et âme dans le monde de l’art dramatique, dont elle a fait une raison d’être.

Ayant hérité les gènes de ses parents originaires du Moyen Atlas, où l’endurance et la patience font partie du décor général, Saida était armée, par essence, de la force et de l’énergie nécessaires pour affronter la jungle de la grande ville et s’imposer dans le microcosme hermétique du théâtre et du cinéma.

Entre une enfance de transhumance –un papa travaillant dans la police- et l’avènement de la célébrité, elle a surmonté bien d’embûches et franchi des étapes significatives dans sa carrière et dans la vie de manière générale.

Née en 1968 à Meknès, elle réussira à passer le concours d’entrée à l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle (ISADAC) à Rabat. Chose qu’elle a dû cacher au départ à sa famille, qui va définitivement entériner son choix en la regardant jouer ses premiers rôles dans la télévision, à partir de 1993. 

Chemin faisant, Saida Baadi, dotée d’un charisme transcendant devant la caméra, a su transformer chaque opportunité en une chance d’aller de l’avant et d’apposer, un peu plus, sa griffe dans un univers impitoyable, comme celui du spectacle.

Le moment de la consécration viendra en octobre 2018 au Festival du cinéma méditerranéen d’Alexandrie, en Égypte, où elle va remporter le prix du meilleur premier rôle féminin, ex æquo avec la star syrienne Souzane Nejm Eddine, pour sa prestation dans «Cri de l'âme» d'Abdelilah Jouhary. 

Le bonheur de Baadi ne va pas s’arrêter là, puisque son mari et compagnon de route, Hamid Basket, va décrocher le prix de la première œuvre du même festival dans la catégorie des longs-métrages arabes pour son opus "Le silence des papillons".

Elle ne pouvait qu’être comblée par cette double distinction car le cinéma et la famille sont les deux piliers d’équilibre qui lui procurent autant de joie, l’un que l’autre. Ils sont sa source de motivation pour se régénérer et pouvoir avancer.

Elle confie à la MAP qu’elle préfère travailler dans le silence et de manière planifiée, loin du tapage médiatique. Elle pense que la progression dans la vie comme dans le monde professionnel a besoin de sérénité, de quiétude, de visibilité et de recul pour mieux appréhender les choses.

Devenue l’une des principales figures de la scène artistique nationale, Saida Baadi explique qu’elle veille, tant que possible, de ne participer qu’à des productions de qualité, par respect à ses convictions et à ses admirateurs, privilégiant, néanmoins, les collaborations avec son mari, l’un des artistes les plus talentueux de sa génération.

Cela ne l’empêche pas pour autant de travailler avec d’autres réalisateurs. Elle se rappelle de la série populaire «La famille de Si Marbouh» de Hassan El Ouahdi, qui a remporté un franc succès à partir de 2001.

Adoubée définitivement par le public grâce au personnage de Nadira, la femme de Marbouh campé magistralement par Mohamed El Jem, elle va signer plusieurs rôles de premier plan dans les productions télévisées et dans les salles obscures.

Au fil des ans, la carrière de Saida Baadi va prendre de l’envergure, multipliant les participations remarquées dans de nombreuses productions cinématographiques nationales bien accueillies par la critique.

En 2017, elle partagera, notamment, la vedette avec Rachid El Ouali dans le deuxième film de sa réalisation «Nouhe ne sais pas nager». Elle va enchaîner, une année plus tard, par deux longs-métrages à succès, à savoir «Cri de l’âme» et «Le silence des papillons».

Toujours aussi prolifique, Saida Baada, mère des jumelles Inass et Yasmine, est à l’affiche, au début de 2019, du mélodrame «Taxi Bied» du jeune acteur et désormais réalisateur Moncef Amalzi.

Sa carrière traverse, décidément, une période faste. En ce mois de mars, Saida était, encore, retenue dans un plateau de tournage fermé au quartier Californie, à Casablanca.