Ouidad Tebbaa, la marocaine qui tient les rênes de la francophonie en Asie-Pacifique

Ouidad Tebbaa, la marocaine qui tient les rênes de la francophonie en Asie-Pacifique

Rédigé le 08/03/2019
MAP - Mohammed Benmassaoud


Hanoï - La Marocaine Ouidad Tebbaa tient les rênes de l’Agence universitaire de la francophonie (AUF), depuis septembre 2018, date à laquelle elle a été nommée directrice Asie-Pacifique de cette organisation, dont le siège est à la capitale vietnamienne, Hanoï.

Cette Marrakchie, amoureuse de sa ville ocre et de son pays qui lui a tant donné, comme elle l’a affirmé à la MAP, a tracé son chemin grâce à sa persévérance et son abnégation pour devenir une compétence marocaine reconnue à l’international et occuper, haut la main, un poste clé au sein de l’Agence universitaire de la francophonie, dont elle est la seule femme directrice d’un bureau régional.

Son parcours est resté lié à sa ville natale qu’elle affectionne tant, la cité ocre qui l’habite et qu’elle porte en elle en permanence malgré l’éloignement.

Après avoir obtenu son baccalauréat, Mme Tebbaa a fait le choix de poursuivre ses études universitaires en France, d’où elle rentre avec un doctorat pour rejoindre les amphithéâtres de l’Université Cadi Ayyad de Marrakech en tant que professeur universitaire et après en tant que première doyenne de la Faculté des lettres et des sciences humaines. Un poste qui a exigé d’elle un engagement sans faille et un travail soutenu pour laisser son empreinte, toujours visible à ce jour.

Soucieuse d’ouvrir l’université sur le marché de travail et d’intégrer les enjeux de l’employabilité pour les étudiants, Mme Tebbaa, qui ne s’attribue pas, par modestie, le travail enclenché dans la Faculté des lettres et des sciences humaines, a réussi à fédérer des chercheurs, des professeurs universitaires, des géographes et des économistes pour lancer de nouveaux cursus de formations et d’études dans le domaine du tourisme. «Un domaine qui s’est imposé de lui-même car on était à Marrakech, la destination touristique par excellence du Royaume», a-t-elle affirmé à la MAP. 

Grâce à sa vision, elle a permis à des centaines d’étudiants de mieux accéder à une vie professionnelle, armés de compétences et de savoir faire appropriés comme sésame de l’emploi. Elle a même offert aux lauréats de l’Institut supérieur international de tourisme de Tanger des débouchés pour pouvoir poursuivre leurs études en masters et en doctorat au sein de l’université Cadi Ayyad de Marrakech.

Cette femme dynamique a été parmi les premières à mener des réflexions et des recherches sur le terrain avec des étudiants et des chercheurs concernant les thématiques du tourisme durable et rural, avant même que ces termes et concepts ne deviennent à la mode, car Mme Tebbaa est une fervente défenseur de l’implication des communes et des collectivités locales pour un tourisme équitable qui profite à tous.

Elle a été également l’une des personnalités, auprès d’éminents chercheurs et écrivains, tel l’espagnol amoureux du Maroc, Juan Goytisolo et Jaafar Kansoussi, qui ont mené une réflexion sur le patrimoine immatériel avant que le concept ne soit adopté par l’UNESCO.

Pour cette marrakchie joyeuse, la consécration de sa vie c’était la reconnaissance par l’UNESCO en 2001 de la place de Jemaa el-Fna comme patrimoine immatériel de l’humanité, une reconnaissance parmi les premières au monde, rappelle-t-elle fièrement.

En quittant la ville ocre pour Hanoï, Mme Tebbaa n’évoluait pas dans un terrain inconnu, car elle a noué ses premiers contacts avec le Vietnam à travers plusieurs visites pour piloter, en collaboration avec l’université de Ho Chi Minh-Ville, des recherches sur le tourisme et la femme, a-t-elle fait savoir, ajoutant que le choix de l’Asie, et du Vietnam en particulier, s’est imposé naturellement.

Elle se définit comme une militante pour la culture, surtout pour le patrimoine. Et c’est à la faveur de cet engagement qu’elle occupait jusqu’à sa nomination à l’AUF, la fonction d’experte pour l’UNESCO sur les questions du patrimoine au Maroc et ailleurs.

Elle a affirmé qu’elle n’est pas la seule à avoir des compétences à faire valoir, mais le Maroc regorge de profils féminins dans les différents domaines et qui peuvent représenter honorablement leur pays dans les instances internationales. Son message pour les femmes du Maroc où qu’elles soient : «Osez ».