Aziza Bounhir, une chercheuse hors-pair qui s'est brillamment imposée dans les domaines très pointus de l’astronomie et de l’astrophysique

Aziza Bounhir, une chercheuse hors-pair qui s'est brillamment imposée dans les domaines très pointus de l’astronomie et de l’astrophysique

Rédigé le 08/03/2019
MAP - Abdenbi Essibi


Marrakech - Connue pour son dynamisme, sa patience à toute épreuve, sa persévérance et sa volonté de fer, Aziza Bounhir fait partie de ces femmes chercheuses hors-pair, qui ont su brillamment s'imposer face à la gent masculine dans des domaines très pointus de la recherche scientifique, notamment l'astronomie et l’astrophysique.

En effet, Aziza Bounhir, enseignante-chercheuse en astronomie et en astrophysique à la Faculté des sciences et techniques (FST) relevant de l’université Cadi Ayyad (UCA) de Marrakech, a réussi grâce à ses compétences de surmonter tous les obstacles et à se frayer une place parmi ses homologues masculins, à même de cumuler une expérience riche et foisonnante de performances et de réalisations dans le domaine scientifique.

Licenciée en Physique de la Faculté des Sciences Mohammed V de Rabat et titulaire d’un Diplôme des Etudes Approfondies (DEA) en Microélectronique-Microinformatique de l’Université Paris VII Denis-Diderot de Paris, Aziza Bounhir, qui traîne derrière elle une riche carrière de 23 ans, a obtenu un Doctorat de l’Université Paris VII Denis-Diderot en Microélectronique.

Par la suite, elle a été recrutée par le ministère de l’Enseignement Supérieur en tant qu’enseignant-chercheur avant d'intégrer le Laboratoire de Physique des Hautes Energies, Astrophysique et Astronomie (LPHEA) à la Faculté des sciences Semlalia, relevant de l'UCA, réussissant ainsi à obtenir un Doctorat d’Etat.

"L’astronomie est la mère des sciences, elle interpelle chaque être humain, ne serait-ce que par la beauté d’un ciel étoilé et toutes les interrogations qu’il peut susciter en nous", a-t-elle confié à la MAP, soulignant que "c’est un domaine qui m’a toujours interpellé sans penser à y faire carrière. Heureusement que le destin en a choisi autrement".

A la faveur donc de sa longue expertise et de sa volonté infaillible, Aziza Bounhir a réussi en compagnie d’une équipe d’enseignants-chercheurs à inclure une nouvelle filière, qui est enseignée pour la première fois dans le Royaume au niveau du Master au sein du LPHEA, à savoir la Physique des Hautes Energies, Astronomie et Physique Computationnelle (PHEAPC).

"Dans le cadre de ma thèse d’Etat, j’ai travaillé sur la caractérisation des sites astronomiques (...). Par la suite je me suis investie dans un autre domaine de l’astronomie, totalement différent de la caractérisation des sites astronomiques, qui est la météorologie de l’espace. Cette thématique est complètement nouvelle dans notre Laboratoire et dans notre pays", a-t-elle expliqué.

Et de poursuivre : "Il s’agit d’étudier les effets du soleil et de ses événements majeurs extrêmes sur la Terre et sur l’être humain ainsi que ses équipements technologiques. Cette thématique, nouvelle pour nous, a nécessité pour sa mise en place beaucoup d’investissements. Maintenant, nous l’enseignons au niveau du Master : Physique des Hautes Energies, Astronomie et Physique Computationnelle, et nous comptons actuellement huit doctorants dans cette thématique", a fait savoir Mme Bounhir.

Elle a, en outre, précisé qu’elle est responsable de cet axe de recherche au sein dudit Laboratoire, ajoutant qu’elle est aussi Coordinatrice nationale du programme "International Space Weather Initiative: ISWI", un programme lié à la météorologie de l’espace et qui est supervisé par les Nations Unies, et tout particulièrement la division en charge de l’usage pacifique de l’espace.

Evoquant le domaine de la recherche scientifique, Mme Bounhir a indiqué que l’Université Cadi Ayyad occupe une place de choix aux niveaux national, régional, africain et arabe, soulignant que l’implication des chercheurs de l’université de la cité ocre a été le levier central pour les distinctions dont jouit cet établissement universitaire.

Dans ce cadre, elle a fait remarquer que l’Observatoire astronomique d’Oukaimeden a joué un rôle très important au sein de l’UCA au point que les découvertes astronomiques qui y ont été effectuées sont connues mondialement.

Elle a, par ailleurs, mis en avant la contribution déterminante et importante des femmes chercheuses aux côtés de leurs homologues masculins, aussi bien au sein de l’UCA que sur le plan national.

"Une chose est certaine : la femme est l’égale de l’homme concernant le potentiel intellectuel et ses capacités à léguer aux générations futures du savoir au même titre que son homologue masculin", a-t-elle soutenu, notant que "dans notre Laboratoire, par exemple, nous avons 16 doctorantes sur 24 doctorants, qui sont brillantes, très assidues, rigoureuses et volontaires".

Pour ce qui est des contraintes auxquelles sont confrontées les femmes dans le domaine de la recherche scientifique, Mme Bounhir a principalement pointé du doigt les "résistances sociales".

"Généralement, en astronomie, des nuits d’observation sont nécessaires pour mener des travaux de recherche. Ceci semble, dans certains cas, contraignant pour les femmes", a-t-elle déploré, avant d’assurer : "Pour surmonter les obstacles, il faudrait que les résistances diminuent". "Les résistances sociales sont très contraignantes", a-t-elle déploré.

"Les femmes doivent nourrir leur passion sans tenir compte du regard de l’autre et ce, en se débarrassant des fardeaux inutiles", a-t-elle martelé.

Et Mme Aziza Bounhir de relever que pour réduire le fossé du genre, des sensibilisations sont à mener, estimant que "chaque individu au sein de la société devrait agir en premier lieu sur lui-même afin d'équilibrer la balance et œuvrer pour une ouverture et une liberté plus grande en vue d’assumer nos rêves et nos passions aussi bien pour les hommes que pour les femmes". "Ce n’est qu'en agissant de cette manière que nous pourrons être utiles l’un à l’autre, utiles à soi-même et aussi à notre société et patrie", a-t-elle insisté en conclusion.