Fatim-Zahra Biaz, une mordue de l'entrepreneuriat vouée au succès des jeunes startuppeurs

Fatim-Zahra Biaz, une mordue de l'entrepreneuriat vouée au succès des jeunes startuppeurs

Rédigé le 08/03/2019
MAP - Ilias Khalafi


Rabat - Dans une ambiance conviviale et bon enfant, la salle qui abrite le PitchLab, un projet phare initié par Fatim-Zahra Biaz, est bondée de jeunes passionnés du monde de l’entrepreneuriat qui nourrissent le rêve de voir un jour leur projet se frayer un chemin dans le monde très concurrentiel des startups. Carton plein pour ce cocon de l’innovation et de la créativité qui favorise l’éclosion des jeunes talents.

Le visage éclairé par un sourire affable, Fatim-Zahra veille à accueillir tout le monde et à surveiller les derniers détails techniques et logistiques avant le coup d’envoi de la compétition. Le brouhaha du public s’interrompt brusquement dès qu'elle monte sur scène, pour laisser place à un silence religieux observé par le public impatient de découvrir les participants au concours présentés par l’initiatrice du programme.

L’un après l’autre, les jeunes candidats défilent sur scène pour mettre en valeur leur projet devant des spectateurs très impliqués et réactifs, venus non seulement pour s’inspirer des idées présentées dans la perspective de monter leurs propres projets, mais aussi pour évaluer et arbitrer les projets exposés. Des représentants du secteur privé et des partenaires institutionnels sont également de la partie pour dénicher des concepts assortis avec leur projet d’entreprise et les appuyer ou les parrainer.

Le principe du PitchLab est simple: c’est une compétition mensuelle où 5 entrepreneurs sont invités à présenter en 5 minutes leur projet. Ensuite, le public a 5 autres minutes pour poser ses questions à l'entrepreneur avant de voter pour la startup du mois. Selon Fatim-Zahra 70% des startuppeurs révélés par ce concours sont toujours en activité, ce qui est une vraie prouesse, sachant que 80% d’entre eux montaient sur scène et s'essayaient à l'entrepreneuriat pour la première fois.

Le PitchLab, qui a promu plus de 150 entrepreneurs pendant ses cinq années d’existence, fait partie des programmes du New Work Lab (NWL), une structure d’accompagnement des entreprises lancée en 2013 à l’initiative de Fatim-Zahra. "On a rencontré un joli succès auprès des communautés d'entrepreneurs et un soutien de la part de trois entités qui ont cru en nous et qui nous ont donné les moyens de construire nos programmes", a-t-elle dit, ajoutant qu’"au NWL nous impulsons les startups, les grandes entreprises et les salariés".

Cette native de Casablanca avoue qu’elle a découvert par hasard l'entrepreneuriat après avoir obtenu son diplôme d'une école de commerce à Lille (France). D’abord, elle fait un passage dans le monde de l’entreprise en tant que consultante en conduite du changement à Paris, pour changer de cap par la suite en décidant de mettre sur pied son propre projet.

"Le monde du conseil est une très belle école. Toutefois, je voulais m'engager dans une carrière dans laquelle je pourrais donner plus et créer une vraie différence", a-t-elle confié, assurant que les entrepreneurs sont des personnes qui s'engagent à changer leur monde et à apporter des réponses nouvelles aux challenges du quotidien.

Partant du constat que beaucoup de personnes occupent des emplois qui ne les passionnent pas et dans lesquels ils sont peu engagés et opèrent en dessous de leur potentiel, elle a décidé de passer à l’action en créant le "New Work Lab". Selon elle, les gens en général son enclins à penser que "les choses sont ainsi et ne changeront jamais", mais quand ils sont placés dans un environnement positif, créatif et innovant, ils peuvent libérer leur potentiel, soit en se lançant dans l'entrepreneuriat ou en faisant preuve de créativité et d'esprit d'initiative au sein de leur entreprise.

Par ailleurs, Mme Biaz estime que les jeunes Marocains sont conscients du potentiel que représentent les nouvelles technologies en matière d'auto-emploi, soulignant que "certains jeunes aujourd'hui vivent principalement des nouveaux métiers digitaux".

Pour cette entrepreneure passionnée, la plus grande préoccupation d'une startup "n'est pas la création d'emploi mais la création de valeur". Elle fait observer, à ce propos, que les plus grandes startups dans le monde n'ont pas nécessairement de grandes équipes. Actuellement Fatim-Zahra se concentre sur le lancement de son nouveau-né : "School of Changes". C'est un accélérateur de carrière visant à accompagner les salariés qui souhaitent booster leur carrière, libérer leur plein potentiel et identifier de nouvelles opportunités. "C'est un programme qui répond à un besoin important pour les salariés et les entreprises", relève la jeune entrepreneure.

Les grandes entreprises ne sont pas en reste. Fatim-Zahra a pensé à elles en mettant en place le Rework, un programme d'accélération qui aide les sociétés de grande taille à évoluer et à avancer, en diffusant de nouvelles façons de travailler axées sur la culture d'entreprise, l'engagement communautaire et l'innovation.