Fatima-Zahra Abou Fares, la jeune taekwondoïste qui a fait tourner le "soleil céleste" entre ses doigts

Fatima-Zahra Abou Fares, la jeune taekwondoïste qui a fait tourner le "soleil céleste" entre ses doigts

Rédigé le 08/03/2019
MAP - Anouar AFAJDAR


Rabat - Tous les Marocains se rappelleront bien longtemps de sa grande victoire en finale. Certains épicuriens se souviennent de son large sourire lorsqu'elle brandissait tout haut le drapeau du Royaume. D'autres préfèrent revivre cette (belle) souffrance, alors qu'elle était à égalité de points face à l'Iranienne Himati Kimya et qu'elle disputait le 4ème et ultime round. 

A seulement 16 ans, elle est parvenue en octobre 2018 à offrir à son pays la première médaille d'or dans l'histoire des Jeux olympiques de la Jeunesse à Buenos Aires. Vous la connaissez certainement, Fatima-Zahra Abou Fares, la jeune taekwondoïste hors norme... Retour sur le parcours d'une championne atypique !

Modestie et timidité sont les principaux moyens de communication de celle qui vient de fêter à peine ses 17 ans. Parler trop est loin d'être sa principale devise. Ce n'est qu'à travers un regard si profond et aussi aigu, qu'elle réussit lucidement à transmettre tout ce qu'elle veut faire passer.

Abou Fares n'est pas issue d'une Métropole. C'est au Fkih Ben Salah qu'elle est née et qu'elle a grandi et passé son enfance.

Dans une petite salle de sport au centre de cette petite ville, située à environ 40 Km de Béni-Mellal, elle a pris le témoin de son père pour perpétuer la tradition.

Elle y a appris les mouvements de base et les premières techniques de l'art martial sud-coréen, grâce à l'une des personnes qui ont eu une grande influence sur son parcours sportif, son entraîneur Abdenbi Saoudi.

En compagnie de cette homme sage et sérieux, qu'elle considère comme son "deuxième père", Fatima Zahra prenait très au sérieux ses entraînements et travaillait jour et nuit pour progresser et devenir ce qu'elle est aujourd'hui. 

Son premier adversaire dans cette salle n'était autre qu'un triste mannequin de frappe, dont le chagrin permanent pourrait être dû aux innombrables coups qu'il reçoit chaque jour !

Hérité de son père ou force de la nature, Abou Fares possède un physique "un peu plus costaud" que son âge. Elle, qui se souvient avoir pris part à sa première "compétition officielle" avec les juniors alors qu'elle avait seulement l'âge des cadets.

Après cette aventure, le parcours taekwondoïste d'Abou Fares sera le plus souvent recouvert d'une teinte dorée... Championnats nationaux, arabes et africains, elle écrasait tout ce qui se drassait sur son chemin. 

Les JOJ Buenos Aires-2018 

Venu le grand rendez-vous tant attendu, Abou Fares n'a pas craqué face à la pression. Sûre d'elle et munie d'un grand calme dont elle a le secret, elle a négocié chaque instant avec la mentalité qui fait la personnalité des grands champions.

Pas à pas et combat après combat, elle a monté en puissance et son génie commence à faire la différence. Dans les moments les plus délicats, elle a su faire un retour en arrière pour appliquer les règles de base et les consignes de son coach, lorsqu'elle s’entraînait encore petite dans son fief à Fkih Ben Salah. 

"Même si nous étions parties avec le coach David, M. Saoudi ne cessait pas de m'envoyer des messages et des photos motivants", a-t-elle dit toute émue. 

Un grand monsieur qui était certes loin de ses yeux, mais non loin de sa tête et de son esprit ! Grâce à cette union et cette fusion, elle a réussi à décrocher le Graal et de quelle manière. 

Actuellement en période de convalescence après une grave blessure, Abou Fares se consacre à jouer le rôle d'entraîneur avec une autre future championne, sa petite sœur Khadija. Pour l’aînée, rendez-vous Tokyo... Enfin, après la remise de blessure.