Amal Lebbar: la dentiste dévouée à l'éducation des enfants du douar

Amal Lebbar: la dentiste dévouée à l'éducation des enfants du douar

Rédigé le 08/03/2019
MAP


Casablanca - Mue par une fibre militante héréditaire et une affection authentique pour les enfants, Amal Lebbar, médecin dentiste de son état, a transformé cette vocation et cette énergie en un engagement infaillible en faveur de l'éducation et l'enseignement des enfants démunis des zones éloignées des centres urbains.

Mme Lebbar est née dans une famille où le militantisme et l'action sociale se transmettent de génération en génération. Son grand père, Omar, et son père, Abdeslam, ont déjà fait leurs preuves dans ce domaine, avant qu’elle reprenne le flambeau.

Sa persévérance, son volontarisme et ses efforts inlassables vont lui ont permettre de réaliser un rêve tant caressé: construire une école au profit de bambins des douars environnants de Had Soualem, commune non loin de la ville de Casablanca. En 1992, Mme Lebbar a adhéré au club International Inner Wheel Casablanca avant de devenir un acteur social à partir de 2007 pour présider, six ans plus tard, le club International Inner Wheel Casablanca-Renaissance (District 73°).

Évoquant avec enthousiasme le projet de construire cette école préscolaire baptisée "Alia", qui s'est imposée comme un modèle de synergie entre l'engagement citoyen de plusieurs partenaires et le souci de développement humain, dans une région à caractère rural ayant grandement besoin d'un enseignement de qualité, Mme Lebbar rappelle que des années de démarches et d’efforts ont finalement été couronnées par la naissance de ce projet en 2016.

"C'était une idée à l'état embryonnaire. Puis, nous avons suivi toutes ses étapes d'évolution jusqu'à sa concrétisation. Nous en avons pris soin pour voir le projet grandir petit à petit", a-t-elle raconté, non sans émotion. L’école a accueilli dès son ouverture une quarantaine d’enfants avant d’atteindre actuellement plus de cent élèves en provenance de 15 douars de Had Soualem. Deux autocars, don de l’Initiative nationale de développement humain (INDH), assurent le transport de ces enfants, dont une partie est constituée de personnes à besoins spécifiques.

L’école "Alia", du nom de la zone où elle est, érigée à proximité de la ville de Had Soualem, est l'incarnation de ce que devrait être la démarche de partenariat entre des philanthropes, des établissements économiques et les autorités locales, a-t-elle souligné dans une déclaration à a MAP. "Notre principal objectif est de contribuer à avoir des enfants bien éduqués et capable de s'exprimer dans les langues arabe et française", a-t-elle noté, relevant que l'opération d'apprentissage insiste sur une bonne maîtrise de la langue de Molière, parce que les élèves pratiquent déjà l'arabe dans la maison. "Dieu ne m'a pas donné d'enfant, mais elle m'a accordé le temps et la force pour leur être utile", a confié Mme Lebbar, qui nourrit de grandes ambitions pour son projet scolaire. Elle rêve de passer de la maternelle à l'enseignement primaire et secondaire, voire technique, outre la mise en place d'espaces et de programmes en faveur des personnes à besoins spécifiques.

Pour ce faire, elle ne se lasse pas de frapper à toutes les portes. Des concertations sont en cours avec la province de Berrechid et la commune de Had Soualem pour faire introduire le primaire dès la prochaine rentrée scolaire.

Elle a saisi l’occasion pour lancer un appel aux bienfaiteurs et mécènes afin de suivre l’exemple de la jeune femme, Najia Nadhir en l'occurrence, qui a financé la construction d’un lycée dans la province de Settat. Elle a également exhorté ses consœurs, dans la perspective de la célébration de la Journée internationale de la femme, à œuvrer et à contribuer au développement du pays, en s’inscrivant notamment dans l’action sociale. 

L’école Alia est composée de plusieurs salles de cours équipées d’écrans interactifs et de divers moyens pédagogiques, d'une salle de musique, d'une salle de cuisine pratique, d'un réfectoire pour la restauration des élèves et du personnel, de bureaux administratifs et d'une aire de jeux externe. La flotte de bus scolaires parcourt, quotidiennement, une distance estimée à 200 kilomètres pour transporter les élèves, ce qui occasionne des charges non négligeables à supporter en termes de carburant et de maintenance, a expliqué Amal Lebbar, tout en précisant que plusieurs de ces enfants ne paient que des sommes symboliques, tandis que ceux venant de familles déshéritées sont pris en charge par les dons des mécènes.