Mauritanie: deux blogueurs écroués pour "dénonciation calomnieuse" envers le président Aziz

Mauritanie: deux blogueurs écroués pour "dénonciation calomnieuse" envers le président Aziz

Rédigé le 28/03/2019
AFP


Nouakchott - Deux blogueurs proches de l'opposition ont été inculpés mercredi de "dénonciation calomnieuse" envers le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz et écroués, pour diffusion d'informations sur le gel d'avoirs présumés du chef de l'Etat à Dubaï, a-t-on appris auprès de leur avocat. 

Les deux jeunes blogueurs, Abderrahmane Ould Wedadi et Cheikh Ould Jiddou, avaient publié ces derniers mois sur Facebook des informations faisant état du gel d'avoirs de 2 milliards de dollars à Dubaï qui appartiendraient au chef de l'Etat, a affirmé à l'AFP leur avocat, Me Brahim Ould Ebetty. 

Le président Ould Abdel Aziz, interrogé le 5 mars par la presse sur cette affaire, a affirmé qu'il "s'agissait d'une rumeur qui finira par s'estomper". 

Les deux blogueurs, interpellés le 6 mars puis relâchés le même jour, ont été placés en détention le 23 mars, puis mercredi sous mandat de dépôt à la prison civile de Nouakchott par un juge d'instruction du tribunal de la capitale, a indiqué leur avocat. 

Inculpés de "dénonciation calomnieuse" contre la personne du président de la République, "ils ont vivement protesté", a précisé Me Ould Ebetty. 

Ils se sont dits "particulièrement visés dans le cadre d'un règlement de comptes par une procédure qui doit réellement viser tous les blogueurs du pays, la presse internationale et nationale dont ils n'ont fait que reprendre les publications", a expliqué l'avocat en référence à des médias panarabes. 

Le parquet avait indiqué au début du mois avoir ordonné à la police d'entamer l'instruction de ce dossier, après des "plaintes d'ONG actives dans la lutte contre le blanchiment d'argent et la corruption", 

Le parquet a affirmé dans un communiqué publié le 22 mars que la rumeur attribuant ce compte au chef de l'Etat était "fausse", et prévenu qu'il poursuivrait ceux qui la propageaient. 

Cette affaire intervient au moment où le président Ould Abdel Aziz s'apprête à quitter le pouvoir au terme de son second mandat. 

Pour lui succéder, le parti au pouvoir a désigné comme candidat à l'élection présidentielle de juin un autre ancien général, son compagnon de toujours, Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed.