Le chaos en Libye depuis la chute de Kadhafi (CHRONOLOGIE)

Le chaos en Libye depuis la chute de Kadhafi (CHRONOLOGIE)

Rédigé le 06/04/2019
AFP


Tripoli - La Libye, où les forces du maréchal Khalifa Haftar sont engagées dans une offensive pour prendre Tripoli, a sombré dans le chaos après la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.

En février 2011, dans le sillage du Printemps arabe, une contestation violemment réprimée par le régime Kadhafi débute à Benghazi (est), avant de s'étendre. En mars, une coalition emmenée par Washington, Paris et Londres lance une offensive après un feu vert de l'ONU.

Le 20 octobre, Kadhafi, en fuite depuis août et la prise de son QG à Tripoli par les rebelles, est tué dans le dernier assaut contre sa région d'origine, Syrte.

Trois jours plus tard, le Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion, proclame la "libération totale" du pays.

En août 2012, le CNT remet ses pouvoirs au Congrès général national (CGN, Parlement), élu un mois plus tôt.

Le 11 septembre 2012, quatre Américains, dont l'ambassadeur Christopher Stevens, sont tués dans une attaque contre leur consulat à Benghazi. Un groupe jihadiste lié à Al-Qaïda est montré du doigt.

Le 23 avril 2013, un attentat à la voiture piégée vise l'ambassade de France à Tripoli, deux blessés.

La plupart des ambassades étrangères ferment.

Le 16 mai 2014, Khalifa Haftar, proche de l'Egypte et des Emirats arabes unis, lance une opération contre les groupes jihadistes à Benghazi. Plusieurs officiers de la région orientale rallient sa force paramilitaire, l'Armée nationale libyenne (ANL).

Le 25 juin, à la suite de nouvelles élections, le Congrès général national est remplacé par un Parlement dominé par les anti-islamistes.

Fin août, après des semaines de combats, une coalition de milices, "Fajr Libya", s'empare de Tripoli et réinstalle le CGN et un nouveau gouvernement.

Le gouvernement d'Abdallah al-Theni en place jusque là et le parlement élu en juin s'exilent dans l'Est. Le pays se retrouve avec deux gouvernements et deux parlements.

En décembre 2015, après des mois de négociations, des représentants de la société civile et des députés signent à Skhirat (Maroc) un accord parrainé par l'ONU. Un gouvernement d'union nationale (GNA) est proclamé.

En mars 2016, son chef Fayez al-Sarraj parvient à s'installer à Tripoli. Mais dans l'Est, le cabinet parallèle, soutenu par le général Haftar, et le parlement lui restent opposés.

En décembre 2016, Fayez al-Sarraj annonce la libération de Syrte, ancien fief libyen du groupe Etat islamique (EI), tout en affirmant que la guerre contre le terrorisme n'est "pas finie".

L'EI mène de nombreux attentats suicide meurtriers dans le pays.

Le 5 juillet 2017, Haftar, promu un an auparavant maréchal, annonce la "libération totale" de Benghazi des jihadistes.

Le 25 juillet 2017, Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar, réunis en région parisienne, s'engagent à oeuvrer pour sortir le pays du chaos.

Le 29 mai 2018, ils s'accordent à collaborer pour organiser des législatives et présidentielle fin 2018.

Une conférence internationale, en novembre 2018 à Palerme (Italie), sera boycottée par le maréchal Haftar.

Le 14 juin 2018, des groupes armés attaquent deux sites dans le Nord-Est par lesquels le pétrole libyen est acheminé vers l'étranger.

Le 25, l'ANL annonce la prise de "contrôle total" de cette région surnommée le "Croissant pétrolier".

Trois jours plus tard, ses forces s'emparent de Derna, bastion des islamistes radicaux et seule ville de l'Est qui échappait à son contrôle.

En janvier 2019, le maréchal Haftar se lance à la conquête du Sud désertique, devenu un repaire pour jihadistes. Il s'empare de Sebha, chef-lieu de cette région, ainsi que d'al-Charara, un des plus importants champs pétroliers du pays.

Le 11 février 2019, l'Union africaine appelle à une conférence internationale en juillet et réclame des élections en octobre. Le 28, l'ONU fait état d'un accord entre al-Sarraj et Haftar sur l'organisation d'élections.

Le 20 mars, la Mission des Nations unies (Manul) annonce une "conférence nationale" à la mi-avril à Ghadamès (centre) pour sortir de la crise.

Le 31, l'UA annonce la tenue en juillet à Addis Abeba d'une conférence de "réconciliation".

Le 3 avril, l'ANL annonce une offensive pour "purger" l'Ouest libyen "des terroristes et des mercenaires".

Le lendemain, Haftar ordonne à ses forces "d'avancer" vers Tripoli. Fayez al-Sarraj ordonne aux forces qui le soutiennent de se tenir prêtes pour "faire face à toute menace". Les pro-Haftar progressent en direction de la capitale.

Le 5, les combattants de l'ANL sont repoussés après un "court accrochage" à un barrage de sécurité à 27 km à l'ouest de Tripoli.

- Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres dit sa "profonde inquiétude", au terme d'une visite en Libye et des entretiens avec MM. Sarraj et Haftar.

- Violents combats entre des groupes pro-GNA et les forces de l'ANL à une cinquantaine de km au sud de Tripoli