Mosquée Mohammadi à Casablanca: La symbolique de l'appellation et la singularité du cachet

Mosquée Mohammadi à Casablanca: La symbolique de l'appellation et la singularité du cachet

Rédigé le 29/05/2019
MAP - Abdellatif El Jaafari


Casablanca - Située au coeur du quartier mythique des Habous à Casablanca, la mosquée Mohammadi est un élément essentiel de l'épicentre culturel et spirituel de la métropole, avec un cacher architectural singulier et un passé glorieux qui remonte aux années 1930 et qui restera à jamais attaché au Roi libérateur, feu SM Mohammed V.

En effet, la mosquée, très fréquentée par les fidèles surtout en ce mois béni de Ramadan, doit effectivement son appellation au regretté Souverain, alors le Sultan Sidi Mohammed Ben Youssef, qui visitait régulièrement le chantierde cet édifice religieux, dont les travaux de construction ont commencé le 29 juin 1934. Elle sera inaugurée deux plus tard.

Selon des données fournies à la MAP par la délégation régionale des Affaires islamiques à Casablanca-Settat, SM le Roi Mohammed VI a accompli à cinq reprises la prière du vendredi dans cette mosquée, bâtie sur une superficie de 3.600 m2, dont 2707 m2 couverts de tapis et 200m2 réservés aux femmes.

D’une capacité de plus de 6.000 fidèles, la mosquée Mohammadi est gérée par 25 proposés religieux et compte de nombreux services et équipements du culte. Elle est dotée de sept portes réparties sur ses trois façades et c’est la porte donnant sur la place de la mosquée qui est considérée comme l'entrée principale.

La salle de prières contient 60 colonnes réparties sur onze galeries verticales perpendiculaires au mur de la «qibla». Les colonnes carrées ou rectangulaires rompent avec le style circulaire, jusque-là très prisé notamment dans l’architecture des lieux de culte. Ce qui attire encore plus l’attention dans ce style, c’est la présence, par certains endroits de la mosquée, de colonnes polygonales dites aussi colonnes à pans.

Par ailleurs, la mosquée est ornée par un ensemble de lustres, dont l'un d'eux est très imposant avec ses 3 tonnes de masse. L’esplanade de la mosquée a été conçue de manière à rappeler les mosquées arabo-musulmanes de l’Andalousie. Elle est étendue sur 900 m2, avec une grande fontaine centrale en marbre et deux fontaines sur les côtés.

En 2007, la mosquée Mohammadi, dont plusieurs espaces étaient délabrés, a fait l’objet de travaux de rénovation et de remise en état, entrepris par le ministère des Habous et des Affaires islamiques. Ces travaux ont porté sur la restauration du plafond, ainsi que la réfection des installations et de tout le réseau d’eau et d’électricité.

Dans une déclaration à la MAP, l’écrivain et chercheur Mohamed Bouzidi, a expliqué que les mosquées anciennes sont toujours pour rappeler la beauté et l'esthétique distinguant la civilisation et l'art islamiques, notamment le Mihrab et le minaret, qui remontent à une époque très lointaine, en l’occurrence l’époque omeyyade, ainsi que la magnificence de la calligraphie qui orne les murs des mosquées. La valeur de ces lieux de culte, a-t-il poursuivi, réside aussi dans le fait qu'ils ont toujours été des lieux pour propager la culture remplissant à la fois une fonction éducative et culturelle. Elles ont toujours été considérées comme des écoles et des universités, comme en témoigne le nombre d'étudiants qui les fréquentaient, ainsi qu’un lieu d’échange entre les oulémas et hommes de sciences.

D’autre part, dans le cadre des efforts visant à préserver le patrimoine architectural religieux national et à le protéger de toute altération, le ministère des Habous et des Affaires islamiques a dressé un inventaire des mosquées ayant une importance historique, architectural ou décorative, notamment la mosquée Mohammadi. Ces mosquées, dont le nombre atteint 978 au total, sont réparties à travers les villes du Royaume et 25 d’entre elles existent à Casablanca.

L’une des principales caractéristiques de la mosquée Mohammadi, monument unique en son genre à Casablanca, demeure son emplacement au cœur du célèbre quartier des Habous, qui a, tout aussi, une charge historique, architecturale et culturelle de premier plan.

Avec une structure et une décoration aux relents andalous, ce quartier se distingue du reste de la ville par son style médiéval et ressemble, plutôt, à une médina ancestrale, alors qu'il n'a été construit que vers les années 1940, sur le haut de la colline de Mers-Sultan.

Arcades, odeur du bois, artisanat, marché d'olives, habillement traditionnel et autres éléments de similitude donnent l'impression que le quartier est aussi séculaire que les médinas millénaires des villes impériales, comme Fès ou Marrakech. Le quartier est considéré également comme une destination privilégiée pour les intellectuels et les touristes, nationaux et étrangers, en raison de la présence des plus grandes librairies appartenant aux grandes maisons d'édition marocaines et arabes et de son architecture originale.