Présentation à Rabat de l'ouvrage "Réconciliations" de Rémy Rioux

Présentation à Rabat de l'ouvrage "Réconciliations" de Rémy Rioux

Rédigé le 29/06/2019
MAP


Rabat - L'ouvrage "Réconciliations" de Rémy Rioux, directeur général de l’Agence française de développement (AFD), a été présenté, vendredi à Rabat, en présence d’une pléiade d’intellectuels et de représentants du corps diplomatique.

Cet ouvrage de 233 pages (moyen format), paru aux éditions "Débat publics", se décline en neuf chapitres, à savoir "Un monde en fracturation généralisée", "La COP21 : l’intuition de la réconciliation", "Théorie de la réconciliation", 'Histoires de réconciliations", "L’investissement de développement durable", "L’Europe, numéro 1 oblige", "L’Afrique, territoire des réconciliations", "Pour un gouvernement des migrations" et "L’équation chinoise".

Dans son ouvrage, M. Rioux propose de reconstruire une politique de développement à la hauteur des enjeux du siècle et des objectifs de développement durable, en lui donnant comme but et comme méthode "les réconciliations", pour une politique de développement renouvelé.

"Aujourd’hui, pas un seul équilibre, national comme international, qui ne soit remis en cause par l’élargissement des fractures économiques, sociales, climatiques et géopolitiques", a expliqué M. Rioux, en présentant son ouvrage, notant que ces fractures offrent néanmoins une chance unique de reposer la question des inégalités entre les êtres humains, ainsi que celle de la préservation de la planète.

De même, il a souligné que les institutions financières publiques en charge d’accompagner les transitions économiques, sociales et environnementales ont un rôle majeur à jouer dans les multiples réconciliations aujourd’hui nécessaires, citant à cet égard la Conférence d’Addis-Abeba sur le financement du développement, les 17 objectifs de développement durable approuvés par l’Assemblée générale des Nations unies et celui de l’Accord de Paris sur le climat.

Dans cette lignée, M. Rioux a relevé que "l’AFD, qui vit en Afrique et y finance des projets depuis 1941, entend mettre à disposition son réseau, ses connaissances et ses liens avec les acteurs publics et privés du continent pour tous ceux qui ont le projet d’investir, de créer des emplois et de prendre du risque durablement en Afrique".

Plateforme française de la politique de de développement, l’AFD considère que sa mission est de faire se rencontrer Africains, Français et Européens, de renforcer leurs biens réciproques et de susciter de l’engagement dans des formes bénéfiques, respectueuses et positives pour toutes les parties, a-t-il poursuivi.

Par ailleurs, il a noté que la question migratoire constitue la fracture la plus visible, la plus actuelle et la plus grave, puisqu’il ne s’agit pas d’inégalités dans la répartition des revenus et des émissions de CO2, mais du sort, immédiat, de femmes, d’hommes et d’enfants.

La gestion des migrations ne peut être uniquement répressive et à court terme, a-t-il indiqué, insistant sur la nécessité de mobiliser fortement les institutions de développement, de façon à introduire des éléments positifs, structurels, de moyen et long terme.

Évoquant l’émergence de la Chine comme une nouvelle puissance à l’échelle mondiale, M. Rioux a noté que l’enjeu est aujourd’hui de savoir comment le déploiement financier chinois et plus largement émergent, en Afrique, en Asie ou en Amérique latine, pourrait être porteur de développement, renforcer les capacités et les institutions des pays partenaires et contribuer à la lutte contre le changement climatique.

Traitant des sujets aussi sensibles que les migrations, la présence chinoise, la lutte contre le changement climatique ou une nouvelle étape de la construction européenne, l’auteur plaide pour une politique de développement renouvelée, seule capable, parmi les instruments de l’action internationale, de dépasser enfin les clivages entre Nord et Sud, d’agir sur les inégalités, d’accélérer les indispensables transitions et de déjouer les rapports de force pour instaurer de nouvelles relations d’égalité.

"Le travail de réconciliation est pour moi la réponse à apporter aux maux de ce début de XXIe siècle. Et il n’y a pas de réconciliation durable sans développement et pas de possibilité de développement sans réconciliation. Mieux le travail de développement lui-même est un germe de réconciliation...La réconciliation constitue l’objectif ultime de la politique de développement et celle-ci est l’outil privilégié des réconciliations, plurielles, toujours situées, précises sur lesquelles elle cherche à agir", lit-on dans l’ouvrage.

Conseiller maître à la Cour des comptes, M. Rioux a exercé des responsabilités en France au service du développement et de l'Afrique.

Directeur de cabinet de Pierre Moscovici, ministre de l’Économie, des Finances et du Commerce extérieur de 2012 à 2014, il a participé à l'effort de redressement des comptes publics et de la compétitivité de l'économie française.

En 2014, Laurent Fabius le nomme secrétaire général adjoint du ministère des Affaires étrangères et du développement international. Il y est le pilier de la politique de diplomatie économique. Il coordonne également l'agenda "finance" pour la présidence française de la COP21, jusqu’à la négociation finale de l’Accord de Paris sur le climat.

Fin connaisseur des institutions financières internationales, notamment des banques de développement, passionné par les questions de développement et de climat, familier du continent africain et de ses défis, il a pris en juin 2016 la direction de l’AFD, qui a vu son mandat élargi et ses moyens accrus. Il a été reconduit dans ses fonctions en mai 2019 pour un deuxième mandat.

Rémy Rioux est, également, président de l'International Development Finance Club (IDFC), le groupe leader de 24 banques de développement nationales et régionales du monde entier, principalement actives sur les marchés émergents.