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GORÉE ET SA « PLACE DE L’EUROPE » !

Augustin Senghor, maire de Gorée, que j’ai en grande estime, est trop en avance sur les cœurs… mais cette plaque, sorte d’hommage à l’Europe au cœur de Gorée, même si elle date, aurait dû faire l’objet d’une très rigoureuse attention, d’une très large concertation qui dépasse de loin la seule mairie de Gorée. Elle n’était ni opportune ni bien réfléchie. Oui, il faut pardonner mais ne jamais oublier cette tragédie, l’ampleur de ce génocide de la traite négrière qui dura des siècles et qui opprime encore tant de cœurs et soulève la colère ! La terminologie « Place de l’Europe » peut paraître fort choquante. «Place du pardon », « Place de la paix », « Place de la fraternité », « Place du Chevalier Saint-Georges » ou « Place de l’Europe repentie » collerait mieux. Cette cérémonie qui a eu lieu en ce mois de mai 2018, a révélé le drame. Drame d’avoir sans doute décidé seul, même en conformité…

NOUS QUI NE CONNAISSIONS HABIB FAYE QUE DE BIEN LOIN

Nous ne connaissions pas Habib Faye. Nous ne l’avons jamais rencontré, sauf sur les écrans de télévision. Nous avons découvert à la fois l’homme et l’artiste sur à partir des très nombreux témoignages qui ont accompagné sa très douloureuse disparition. Commençant par le commencement, que l’on nous permettre de présenter nos profondes condoléances à son épouse, ses enfants, sa famille. Dire à son grand frère et premier admirateur Youssou Ndour, combien l’ensemble des Sénégalais, et au-delà de notre pays, ont été touchés par son immense présence quand la mauvaise nouvelle est tombée. C’est sans conteste, une des plus tragiques pages de sa divine vie d’artiste qu’il vient de vivre, en perdant un compagnon de longue route, en perdant un frère tant aimé, en perdant un artiste inoubliable, fécond, inspiré, généreux, rigoureux dans son art. Nous avons choisi ses qualificatifs à la lumière de tous les témoignages qui, depuis une…

DIEU SERA AU SÉNÉGAL EN 2019 !

Nous sommes des croyants. Que personne ne nous en veuille. Musulmans ou chrétiens, nous croyons en Dieu et en Sa miséricorde. Nous croyons à Sa capacité de changer un destin, même si nous devons être les premiers à nous occuper de notre vie, à l’organiser, à la protéger, à assumer nos erreurs et nos fautes. L’enseignement de toutes les religions part et aboutit à l’amour et non au mal. Il nous arrive de faire face à des leçons de vie dont l’exceptionnalité nous charme, nous interroge, nous intrigue et nous donne à penser ou à croire que quelque chose d’autre gouverne le monde. C’est nourri de cette foi, de cette force qui apaise et fait enjamber les montagnes, que nous interrogeons aujourd’hui le présent de notre pays et que nous interpellons la classe politique et le peuple Sénégalais. Personne ne fera ce pays à notre place. Même Dieu. Avant Lui, il est de notre mission d’abord de le construire. Si nos cœurs sont sans taches,…

LA COMMÉMORATION DE LA JOURNÉE DE L’ESCLAVAGE ET NOUS !

Le Centre d’Information des Nations Unies a accueilli, en partenariat avec le Mémorial de Gorée, une foule de visiteurs dont l’Université de Dakar ainsi que des amis venus des Caraïbes dont la prise de parole a été lumineuse et décisive. Le film sur le parcours du projet de Mémorial de Gorée a été projeté. Le Président Sall s’exprime dans ce film et dit bien haut qu’il s’est habillé d’une volonté politique forte pour réaliser le Mémorial. Nous n’en doutons pas au regard de ce que nous l’avons vu déjà poser comme acte fondamental majeur. Nous n’en doutons pas pour avoir été là, en Guadeloupe, quand le Président Hollande a invité le Président du Sénégal pour prendre part à l’inauguration du Mémorial Acte, dans les Caraïbes, à Pointe à Pitre. Depuis Senghor, un Président Sénégalais n’avait refoulé le sol de nos sœurs et frères des Caraïbes.

A MA PROFESSEURE DISPARUE, A TOI LYLIAN KESTELOOT

La vie s’en va et l’amour reste. Nous savons tous que la vie mène à la mort, mais nous ne guérissons pas de l’innommable douleur. De nouveau souffrir, de nouveau saluer la mémoire d’êtres chers et aimés. Plus douloureux encore quand il s’agit d’évoquer de grands et féconds esprits, des hommes comme hier Hamidou Dia, le professeur Ibrahima Sow dont le dernier livre de poésie vient de paraître et repose sur mon bureau et aujourd’hui une femme, une femme qui a tout donné à la noblesse de l’esprit, une femme ivre de découvertes, ivre de rencontres et de métissages, ivre de liberté, ivre de travail, ivre d’idéal, ivre d’aller au fond des terriers d’or et d’en extraire pour nous les secrets de l’alchimie de la création littéraire négro-africaine et de la fine démarche de la pensée nègre des ciseleurs de concepts. Lylian a visité tant de livres, dormi avec tant de bibliothèques immatérielles, cousu tant d’habits et forgé tant de jeunes…

HAMIDOU DIA DANS LE GRAND SOMMEIL

Le moment le plus difficile, c’est quand tout est fini, qu’il faut repartir, quitter le cimetière, suivre la foule, et te laisser seul, couché, solitaire et la nuit qui va tomber dans un lieu où personne ne souhaite rester. En te laissant là, je me suis souvenu des vers du poète Federico Garcia Lorca: Mais voici qu’il dort sans fin / Voici que la mousse et l’herbe/ Avec des doigts infaillibles/ Ouvrent la fleur de son crâne.

LETTREA LA JEUNESSE SÉNÉGALAISE

Chacune de vous, chacun de vous, porte quelque chose de grand, visible ou invisible.Par contre, redoutons d’être visible et de ne pas être regardé comme nombre d’hommes politiques de par le monde. Ce ne sera pas le cas d’aucun de vous. Vous êtes trop important et trop précieux à la nation pour que l’on vous prête toute l’attention requise. Chacune, chacun de vous, est une espérance, une étoile qui brille ou qui s’apprête à briller. Que personne ne vous fasse croire que vous n’êtes rien, que vous ne représentez rien. Chacune, chacun de vous est irremplaçable. Croyez en vous. Si vous ne croyez pas en vous, vous ne croirez en rien, même pas à votre belle jeunesse. Chacune, chacun de vous est un fruit rare. Vous êtes nos premiers gisements. Nos premiers puits de pétrole, de gaz. Vous êtes notre première richesse. Chacune, chacun de vous, est un bijou pour nous. Vous représentez le Sénégal et le Sénégal à travers vous, l’Afrique, le monde. Vous…

20 DÉCEMBRE 2017 : SENGHOR AURAIT EU 111 ANS…

L’année 2017 entame sa marche derrière son dernier horizon. Les hommes meurent. Les années aussi. Aux uns et aux autres de forger leur propre légende pour demeurer une référence triste ou belle. Beaucoup d’hommes sont morts et oubliés, oubliés jusqu’à leur ombre. D’autres survivent à un temps court de l’histoire, puis disparaissent de la mémoire des vivants. D’autres par la grandeur de leurs actes, par l’incandescence de leurs œuvres, signent un contrat avec l’histoire. L’histoire signe toujours une fois. Senghor a signé avec l’histoire et cette signature est de feu. Notre pays comme notre continent à la résonnance d’autres continents et d’autres peuples, avec respect, saluent et célèbrent en cette fin d’année 2017, précisément le 20 décembre, la date de sa mort. Je l’ai dit et écrit tant de fois: seul le souvenir nous venge de la mort.

RÉFLEXION D’HIVERNAGE : DE NOS INSTITUTIONS AU BON USAGE DU POUVOIR

Mes lectures de vacances et ma conscience citoyenne m’ont imprudemment poussé, au risque de me faire fouetter de nouveau, à réfléchir, nourri par des livres pleins de fruits et une proximité sociale douloureuse avec des concitoyens, à avancer ici quelques humbles réflexions, mes rêves, pour que notre pays, notre peuple, ses institutions, son chef, son gouvernement, ses classes politiques, ses artistes, ses écrivains, ses paysans, ses ouvriers, ses capitaines d’industrie, tous, non divisés, mais ensemble, bâtissions pour nos enfants une nation heureuse.

BARA DIOUF : LA TOUCHE D’OR QUE LA PRESSE DOIT ÊTRE

Je rapportais dans mon livre consacré à Senghor, le repas auquel le président de la République de l’époque, avait convié le mythique ministre Jean Collin et Bara Diouf, tous deux devenus membres de sa famille pour avoir pris femmes dans sa tribu. Le Président cherchait un Premier ministre et consultait. A la réponse gourmande de son mythique ministre, Sédar s’était tourné vers Bara qui dirigeait alors le quotidien « Le Soleil », pour recueillir aussi ses conseils. Ce dernier avait simplement dit : « Monsieur le Président, votre choix sera le mien ». On connaît la suite.

ESSAOUIRA… LA VELOUTÉE.

Lorsque je serai bien vieux et que ceux qui m’aiment verront de temps à autre le visage creux mais doux du poète s’éclairer et ses yeux s’allumer, qu’ils sachent alors que le vieux chameau qui a tant parcouru les dunes et les oasis par la grâce de Dieu et la ruse des vents, à la recherche des trésors de l’esprit, a convoqué dans son cœur de bout de chandelle, les souvenirs lointains mais toujours bleus d’une cité éternelle nommée… Essaouira.

LETTRE À SA MAJESTÉ LE ROI MOHAMMED VI DU MAROC

Revenant d'un enrichissant périple au Maroc, Amadou Lamine Sall, poète sénégalais et Lauréat des Grands Prix de l’Académie française, adresse cette lettre de réflexion et d'échange au roi du Maroc Mohammed VI et en hommage au peuple ami marocain frère du peuple sénégalais,

NON, LE SÉNÉGAL N'EST PAS COUPÉ EN DEUX !

Le sujet est grave. Maintenant que le temps laisse en répit les esprits en feu après le référendum, il ferait si bon de se parler. Notre salut est de nous parler. Naïvement, j'ai eu toujours du mal à penser pourquoi tous ne se mettraient-ils pas autour d’un Président élu pour un temps donné par le peuple dans sa majorité, afin de mener un pays à la prospérité de ses enfants. L’on m’a rétorqué: il faut que la démocratie s’exerce! Oui, mais pourquoi dans la division, la haine? Une démocratie majeure, civilisée ne porte pas ce visage. Ne cherchons-nous pas tous à servir notre pays? D'autres le servent merveilleusement sans bruit et sans pouvoir politique. Ceux qui ont inscrit leur nom à jamais dans l'histoire de ce pays, se comptent d’ailleurs plus en dehors de l'espace politique. Pourquoi ce dernier est-il si malade de ses acteurs et porteur de tous les dangers? Il faut la paix des cœurs. Il est difficile de construire un pays dans la division…

Lettre au doyen Amadou Makhtar Mbow

S’intéresser à son pays, si cher Président Mbow, c’est tenter de prendre part, humblement, à la construction durable de ses institutions républicaines, de leur crédibilité, leur solidité, leur protection, leur durabilité, leur éternité morale. Mais il doit s’agir aussi de travailler pour le futur, de mettre au monde un enfant qui marchera des siècles avec les générations à venir sans vieillir, sans être démodé. Une Constitutiondont le temps accroîtra la force et l’actualité.Montons plus vite et plus haut. Donnons à chaque Sénégalais le désir de l’oiseau.Une telle loidépasse forcément la nature humaine des femmes et des hommes qui la fondent, parce qu’elle ne parle pas pour le temps de vie d’un être, mais au-delà.Peu d’hommes politiques ont cette opportunité. Très peu d’hommes politiques savent la saisir, parce que le pouvoir est souvent déloyal avec l’avenir, car le pouvoir ne sert que le temps du pouvoir. Camus nous dit que « La…

Mauritanie : la démocratie destituée !

Notre belle République sœur de Mauritanie vient de rendre à l’Afrique un bien triste service : celui de lui rappeler que l’ère des colonels et des généraux est un printemps bien têtu ! Des gradés ivres de leurs seules ambitions. Ils sont les meubles dorés du pouvoir. On ne les déplace pas. A défaut, ce sont eux qui choisissent leur place. La démocratie a bien mal ! Elle n’aura pas fini de si tôt son chemin de croix face à la subtilité des tyrannies. Dommage pour cette symphonie inachevée en Mauritanie ! Rien ne saurait justifier un tel coup d’Etat, encore que les coups d’Etat n’ont cure de se justifier, car ce qui les motive ne trouve sa seule réponse que dans la logique close de ceux qui les exécutent. Le peuple et la communauté internationale comptent toujours bien après. La communauté internationale, comme dirait l’autre, n’a souvent que la grande gueule. Elle hurle souvent dans un grand rien du tout ! Elle…