DÉCÉS DE LA POÉTESSE MAME SECK MBACKÉ

DÉCÉS DE LA POÉTESSE MAME SECK MBACKÉ

Rédigé le 25/12/2018
Amadou Lamine Sall


Notre cher frère, le journaliste culturel Alassane Cissé, résolu et toujours au front pour nos causes culturelles, vient de m’annoncer ce lundi 24 décembre 2018, la triste nouvelle de la disparition de notre sœur, la poétesse Mame Seck Mbacké.

Alassane, je suis loin du pays, hélas. Je lis, venant de toi, la triste nouvelle. Quel choc, en cette fin d’année ! Mame Seck Mbacké: que de souvenirs, que de temps de vie partagée avec Ousmane Sembene à qui elle a donné un magnifique garçon, feu Mamadou Traoré Diop l’irremplaçable, Alioune Badara Béye qui doit être très affecté et je sais à quel point, Ibrahima Sall le plus inspiré d’entre nous, un peu isolé aujourd’hui et pas très en forme côté santé, Nabil Haïdar puissant créateur. Avec Birago Diop, Tra, Bèye, Ibrahima, Sembene, Nabil, le professeur Mouhamadou Kane, Abdou Anta Ka le sanguin et homme de culture hors du commun, notre regrettée sœur la poétesse Fatou Ndiaye Sow, Amadou Guèye Ngom le génial et fin bijoutier des mots, Ken Bougoul la prodigieuse, Cheikh Aliou Ndao, l’intraitable pédagogue, Bilal Fall, l’abeille, aujourd’hui très en retrait de notre espace littéraire sans rétroviseur, Oumar Willane, veilleur et visionnaire. Toute cette superbe et précieuse famille était là, sans oublier notre bien-aimée Aminata Sow Fall, l’éternelle Annette Mbaye d’Erneville. Nous sommes dans la fin des années 70. 

Mame Seck Mbacké était là. Ce qui vous frappait en premier, chez elle, c’était sa très distinguée noirceur. Une élancée et très belle femme. Ensuite, on retenait son engagement spirituel. Elle était fort pieuse. Fort pudique, avec des valeurs sur lesquelles elle ne transigeait pas. 

Un jour, il faudra bien s’arrêter et faire non seulement le point, mais aussi rendre hommage à nos femmes, poétesses et écrivaines, dont certaines, comme Ndéye Coumba Mbengue Diakhaté et j’en oublie, méritent un souvenir, un hommage.

À toute la communauté des poètes et des écrivains, je présente mes condoléances. Je n’oublie pas Monsieur le ministre de la Culture Abdou Latif Coulibaly qui partage notre espace de représentativité et l’ensemble de ceux qui servent le département. Mes pensées affectueuses à ceux qui, hier aussi, inoubliables, le servaient.

Mame Seck Mbacké était mon amie. Elle était ma sœur. Elle restera dans mon cœur, mes pensées et mes prières, pour longtemps. Très longtemps.

Amadou Lamine Sall
 Poète
Lauréat des Grands Prix de l’Académie française