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NOUS QUI NE CONNAISSIONS HABIB FAYE QUE DE BIEN LOIN

Publié le 01/05/2018
Amadou Lamine Sall


Nous ne connaissions pas Habib Faye. Nous ne l’avons jamais rencontré, sauf sur les écrans de télévision. Nous avons découvert à la fois l’homme et l’artiste sur à partir des très nombreux témoignages qui ont accompagné sa très douloureuse disparition. Commençant par le commencement, que l’on nous permettre de présenter nos profondes condoléances à son épouse, ses enfants, sa famille. Dire  à son grand frère et premier admirateur Youssou Ndour, combien l’ensemble des Sénégalais, et au-delà de notre pays, ont été touchés par son immense présence quand  la mauvaise nouvelle est tombée. C’est sans conteste, une des plus tragiques pages de sa divine vie d’artiste qu’il vient de vivre, en perdant un compagnon de longue route, en perdant un frère tant aimé, en perdant un artiste inoubliable, fécond, inspiré, généreux, rigoureux dans son art. Nous avons choisi ses qualificatifs à la lumière de tous les témoignages qui, depuis une semaine, n’ont cessé de nous parvenir de partout de par le monde. 
          Nous retenons de lui, avec humilité, un artiste qui a tôt quitté l’école et qui a fini par créer à lui seul une école et devenir un maître. Comme Youssou Ndour, l’accompli! Telle est la voix du Seigneur mais non sans le labeur du semeur ! 

           Il est facile pour nous, poètes et écrivains, de comprendre et de mesurer cette douleur qui touche tout notre pays, ceux qui étaient proches d’Habib Faye et ceux qui ne le connaissaient point ou que de nom, ou l’admiraient de loin comme musicien de talent. En perdant Hamidou Dia, Ibou Diouf, Jo Ouakam Issa Samb, Souleymane Keïta, Ndary Lo, Ousmane Sow, Sanokho, Makhouredia Guèye, Baye Peul, Ndongo Lo, et tant d’autres figures de notre espace culturel et artistique, nous savons ce que c’est l’inacceptable perte d’un être cher, d’un être si rare, si beau, si fraternel. Mais la mort n’arrête pas le son des guitares. Elle n’effacera pas la présence d’Habib Faye sur scène. Chaque guitare du Super Étoile, rappellera le maître qu’il fut. Ceux qui le remplaceront auprès de Youssou Ndour, auront toujours en mémoire la magie de ses doigts. Ce défi, nous sommes sûr, produira de nouveaux grands maîtres dans les temps à venir. Il y a le talent et le génie. Il nous semble, nous les moins alphabétisés en musique, qu’Habib Faye appartenait au génie. Le talent serait, dit-on, plus durable que le génie. Pour dire combien Dieu aime souvent rappeler tôt auprès de lui ceux qui savent ajouter de la lumière aux étoiles.

         Tout juste pour dire également merci au président de la République, protecteur des arts, d’avoir été présent aux obsèques d’Habib Faye comme il l’a été bien souvent quand de grands esprits nous ont quittés. La Culture est une belle famille. Elle additionne plus qu’elle ne soustrait, comme aimait à le rappeler un bel esprit, ministre de la Culture dans sa vie: Abdoul Aziz Mbaye de son nom, que j’ai entendu pleurer en direct lors de son témoignage sur Habib Faye.
 
         Longue vie à Youssou Ndour. Longue vie au Super Étoile. Puisse le Seigneur, comme Lui Seul sait le faire, atténuer l’immense peine de Madame Habib Faye et de ses enfants. L’artiste dont nous avons entendu parler du poids du cœur, est à la droite du Père. C’est notre prière, nous ses compatriotes.

 

Amadou Lamine Sall - Poète

Lauréat des Grands prix de l’Académie française